lundi 13 juillet 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Économie

Trois entreprises gabonaises sur la voie de la Bourse régionale

Samb’a Assurances, Gabon Power Company et FMCT ont été retenues pour préparer leur entrée à la BVMAC, la bourse commune de la zone CEMAC.

Trois sociétés gabonaises viennent, selon nos informations, de franchir une étape vers une introduction en bourse à la BVMAC, la place financière régionale de l'Afrique centrale. Sélectionnées à l'issue d'un appel à manifestation d'intérêt lancé par l'organe chargé des réformes financières de la CEMAC, elles verraient leurs frais d'introduction pris en charge. Une nouvelle qui, si elle se confirme, dirait beaucoup de l'ambition affichée pour approfondir les marchés de capitaux dans la sous-région.

Illustration symbolisant une place financière régionale en Afrique centrale
La BVMAC, bourse commune aux pays de la zone CEMAC, cherche depuis des années à attirer davantage d'entreprises à la cotation.

Le nom peut sembler technique, la portée l'est moins. La BVMAC, Bourse des valeurs mobilières de l'Afrique centrale, est la place financière commune aux six pays de la zone CEMAC — Gabon, Cameroun, Congo, Tchad, République centrafricaine et Guinée équatoriale. Née de la fusion des anciennes bourses de Douala et de Libreville, elle reste, des années après sa création, une place discrète, peu fréquentée par les entreprises de la sous-région. C'est précisément ce constat qui a poussé les autorités communautaires à multiplier les initiatives pour y attirer davantage d'acteurs économiques.

Un appel à candidatures piloté depuis la CEMAC

Selon nos informations, trois entreprises gabonaises — Samb'a Assurances, Gabon Power Company et FMCT — ont été retenues dans le cadre d'un appel à manifestation d'intérêt lancé par l'Unité de Gestion des Réformes des Institutions Financières de la CEMAC (UGRIF). Cette structure a précisément pour mission d'accompagner la modernisation du secteur financier régional, un chantier ancien mais souvent freiné par le manque d'entreprises candidates à la cotation.

Les trois sociétés bénéficieraient d'une prise en charge de leurs frais d'introduction, un geste qui allège sensiblement le coût — souvent dissuasif — d'une opération de ce type. Les frais liés à une introduction en bourse (audits, conseils juridiques et financiers, communication financière) peuvent en effet représenter plusieurs dizaines de millions de francs CFA, un obstacle réel pour des entreprises qui n'ont pas toujours l'habitude de ces standards.

Pourquoi si peu d'entreprises se lancent

La BVMAC souffre depuis longtemps d'un mal connu des petites places financières : peu d'émetteurs, peu de liquidité, et donc peu d'attrait pour les investisseurs. Beaucoup d'entreprises gabonaises, familiales ou détenues par l'État, préfèrent le financement bancaire classique, plus familier, quitte à en payer le prix en taux d'intérêt. Ouvrir son capital au public suppose une transparence comptable et une gouvernance que toutes les structures ne sont pas prêtes à assumer du jour au lendemain.

C'est pourquoi l'accompagnement annoncé — prise en charge des frais, appui technique de l'UGRIF — vise moins à forcer la main des entreprises qu'à lever ces freins concrets. Si l'opération aboutit, elle offrirait un signal utile aux autres sociétés de la sous-région : la cotation n'est plus réservée aux seuls grands groupes internationaux déjà rodés aux marchés financiers.

Ce que cela changerait pour le Gabon

Pour l'économie gabonaise, l'enjeu dépasse le symbole. Une entreprise cotée en bourse diversifie ses sources de financement, gagne en visibilité auprès des investisseurs régionaux et internationaux, et se soumet à des règles de transparence qui rassurent partenaires et clients. Pour les épargnants et petits investisseurs gabonais, c'est aussi, potentiellement, une occasion nouvelle de placer leur argent dans des entreprises qu'ils connaissent — une compagnie d'assurance, un acteur de l'énergie — plutôt que dans des produits financiers lointains et abstraits.

Reste que l'information provient à ce stade d'une source unique, et que le calendrier précis de ces introductions n'est pas encore connu. Le Kiosque suivra l'évolution de ce dossier, qui mérite d'être confirmé et précisé dans les prochaines semaines, tant il pourrait marquer une étape dans la vie financière du pays.

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