lundi 13 juillet 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Économie

Oligui Nguema exige la vérité sur les exonérations fiscales

Le chef de l'État aurait ordonné un audit complet des avantages fiscaux et douaniers accordés aux entreprises, pour savoir qui en profite vraiment.

Combien l'État gabonais perd-il chaque année en exonérations fiscales et douanières ? C'est la question à laquelle Brice Clotaire Oligui Nguema voudrait enfin une réponse précise. Selon nos informations, un audit général de ces avantages aurait été commandé, avec un objectif affiché : distinguer les exonérations utiles à l'économie nationale de celles qui ne profitent qu'à quelques-uns.

Bâtiment administratif abritant une régie financière au Gabon
Les régies financières gabonaises seraient soumises à un audit poussé sur les exonérations fiscales et douanières.

Derrière une formule technique — les régies financières — se cache l'un des nerfs de la vie publique gabonaise : les administrations chargées de collecter l'impôt, la TVA, les droits de douane et, plus largement, tout ce qui fait vivre le budget de l'État. Direction générale des impôts, douanes, trésor public : ce sont ces guichets, souvent invisibles pour le grand public, qui déterminent en réalité ce que l'État peut ou ne peut pas financer, d'une route à un hôpital.

C'est précisément sur ce terrain que Brice Clotaire Oligui Nguema aurait choisi de mettre la pression, selon des informations qui restent à confirmer par d'autres sources. La mesure évoquée est simple à énoncer, plus complexe à exécuter : un audit complet des exonérations fiscales et douanières accordées aux entreprises opérant au Gabon.

Le tri entre bonnes et mauvaises exonérations

L'exonération fiscale n'est pas, en soi, un cadeau injustifiable. C'est un outil classique de politique économique : on allège la charge fiscale d'un investisseur pour l'inciter à créer des emplois, à transformer localement une matière première, à s'implanter dans une filière jugée stratégique. Le bois, les mines, l'agro-industrie gabonaise ont, par le passé, bénéficié de ce type de dispositifs.

Le problème, bien connu des spécialistes des finances publiques, c'est l'accumulation dans le temps de régimes dérogatoires dont personne ne mesure plus vraiment l'efficacité. Certaines exonérations profitent réellement à l'économie nationale — en soutenant la production, l'emploi, la valeur ajoutée locale. D'autres, accordées il y a des années pour des raisons qui ont pu disparaître, continuent de priver le Trésor de recettes sans contrepartie visible.

Faire cet inventaire, entreprise par entreprise, régime par régime, c'est un travail de fourmi. Mais c'est aussi, pour un État qui cherche à assainir ses comptes, une étape difficile à contourner.

Un enjeu de souveraineté budgétaire

Le Gabon, comme beaucoup de pays producteurs de pétrole, a longtemps pu compter sur la rente pétrolière pour desserrer la contrainte budgétaire. Cette époque est révolue : la baisse structurelle de la production d'hydrocarbures et la volatilité des cours obligent l'État à diversifier ses ressources et à mieux collecter ce qui lui est déjà dû.

Dans ce contexte, chaque exonération injustifiée équivaut à une recette perdue qui, ailleurs, aurait pu financer un dispensaire, une bourse d'études ou une piste rurale. La logique du coup de pression présidentiel, telle qu'elle est rapportée, s'inscrit dans cette recherche de marges de manœuvre budgétaires sans recourir systématiquement à l'endettement ou à de nouveaux impôts.

C'est aussi un message adressé aux administrations elles-mêmes : la transparence sur les recettes ne se décrète pas, elle se construit par des audits réguliers, des données fiables et une volonté politique de les rendre publiques.

Ce que cela changerait pour les Gabonais

Si cet audit aboutit, et si ses conclusions sont suivies d'effet, les retombées concrètes pourraient se mesurer à deux niveaux. D'abord, un budget de l'État mieux alimenté, donc davantage de moyens pour les services publics essentiels — santé, éducation, infrastructures. Ensuite, un signal de rigueur et d'équité fiscale envoyé aux opérateurs économiques : les avantages fiscaux ne seraient plus un droit acquis, mais une contrepartie à des engagements réels en matière d'investissement et d'emploi.

Il faut toutefois rester prudent. À ce stade, l'information provient d'une source unique et mériterait d'être confirmée par des données officielles, notamment un calendrier précis de l'audit et ses premiers résultats. Le Kiosque suivra ce dossier et reviendra vers ses lecteurs dès que des éléments supplémentaires, vérifiés, seront disponibles.

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