Centrafrique : Bangui parie sur le numérique pour assainir ses finances publiques
À Bangui, un logiciel baptisé Simba doit devenir la colonne vertébrale de l'administration financière centrafricaine.
Le ministre centrafricain des Finances et du Budget a réuni lundi le comité de pilotage chargé de suivre le déploiement de Simba, un applicatif destiné à moderniser la gestion administrative et budgétaire du pays. Derrière ce nom qui évoque la puissance du lion en swahili, c'est un pan entier de la réforme de l'État centrafricain qui se joue.

Dans la capitale centrafricaine, la réunion n'avait rien d'anecdotique. Autour du ministre Hervé Ndoba, les membres du comité de pilotage du projet SAFE — le Système administratif et financier de l'État — ont fait le point sur l'avancement d'un chantier qui doit, à terme, irriguer l'ensemble des rouages budgétaires du pays.
L'enjeu tient en un mot : Simba. Cet applicatif est présenté comme le futur cœur battant de l'administration financière centrafricaine, celui par lequel devraient transiter les grandes fonctions de gestion publique, de la préparation du budget à son exécution.
Une promesse de transparence
« La mise en œuvre de l'applicatif Simba marque une avancée significative vers une administration plus transparente, plus efficace et plus responsable », a déclaré le ministre Hervé Ndoba, qui y voit un pas décisif dans la modernisation de l'État centrafricain.
Ces mots résument l'ambition affichée : sortir d'une gestion encore largement manuelle, où la circulation de l'information budgétaire entre services peut ralentir les décaissements, brouiller le suivi des dépenses et compliquer le contrôle citoyen sur l'argent public.
Un mal partagé par plusieurs administrations de la sous-région
Cette difficulté n'est pas propre à Bangui. Nombre d'administrations d'Afrique centrale, confrontées à des systèmes d'information disparates et parfois vieillissants, cherchent à se doter d'outils numériques capables de fiabiliser la chaîne de la dépense publique, de la commande initiale jusqu'au paiement final.
Pour le Gabon, engagé lui aussi dans une modernisation progressive de ses circuits financiers, l'expérience centrafricaine mérite d'être suivie avec attention : elle illustre, à l'échelle régionale, la manière dont un outil numérique bien conçu peut devenir un levier de gouvernance, à condition d'être porté dans la durée et accompagné d'une véritable appropriation par les agents de l'État.
Ce qu'il reste à observer
À ce stade, les informations disponibles sur le calendrier précis de déploiement de Simba, son périmètre exact ou les administrations déjà connectées restent limitées. La prudence s'impose donc sur l'ampleur réelle des avancées annoncées, en attendant que d'autres échéances viennent confirmer, ou nuancer, la trajectoire du projet.
Ce qui est acquis, en revanche, c'est la volonté politique affichée au plus haut niveau du ministère des Finances centrafricain de faire de cet outil un instrument central de la gestion publique. Reste à savoir si la pratique, sur la durée, confirmera l'ambition du discours.
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