lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
Société

Transgabonais : la promesse du Wi-Fi embarqué mise à l'épreuve du rail

Lancé en grande pompe fin décembre, le projet « Setrag Connect » se heurte, selon des témoignages recueillis à bord, à des débuts plus chaotiques que prévu.

Wi-Fi qui ne capte pas, écrans qui restent noirs, climatisation capricieuse : c'est le tableau que dressent certains voyageurs du Transgabonais quelques semaines après le lancement du numérique embarqué. Un décalage entre l'annonce et le vécu qui, s'il se confirme, interroge sur le rythme réel de la modernisation du rail gabonais.

Intérieur d'un wagon de train voyageur avec écran d'information au plafond
Le Transgabonais relie Owendo à Franceville et reste un axe de transport essentiel pour l'intérieur du pays.

Le 23 décembre 2025, le gouvernement présentait « Setrag Connect » comme une étape supplémentaire dans la modernisation du Transgabonais, cette ligne qui relie Owendo à Franceville et reste, pour des milliers de Gabonais, le moyen le plus sûr de traverser le pays sans dépendre de la route. L'idée : offrir aux voyageurs un accès Internet à bord, des écrans d'information et un confort thermique digne d'un train du XXIe siècle.

Sur le papier, le projet coche toutes les cases d'une ambition légitime. Le rail gabonais transporte chaque année des passagers, mais aussi le manganèse et le bois qui font la richesse de l'arrière-pays. Y ajouter une dimension numérique, c'est reconnaître que le confort du voyageur compte autant que la performance logistique.

Ce que rapportent les usagers

Selon des témoignages recueillis auprès de voyageurs, la réalité serait, pour l'instant, en retrait des annonces. Le Wi-Fi promis serait introuvable sur certains trajets, les écrans installés dans les wagons resteraient éteints, et la climatisation alternerait entre bouffées glaciales et pannes plus classiques.

Ces informations méritent d'être prises avec la prudence qui s'impose : elles proviennent à ce stade d'une seule source, et aucune confirmation officielle de la SETRAG n'a pu être recueillie au moment de la publication de cet article. Il ne s'agit donc pas d'un constat définitif, mais d'un signal à vérifier — et, si les faits se confirment, à corriger.

Un projet pilote, par définition inachevé

Il faut le rappeler : « Setrag Connect » a été lancé comme un projet pilote, c'est-à-dire une phase de test destinée précisément à identifier les ratés avant un déploiement plus large. Des débuts imparfaits ne surprennent donc pas forcément les ingénieurs du secteur ferroviaire, où l'installation de réseaux embarqués — antennes, relais, câblage électrique compatible avec les vibrations du rail — est un exercice technique délicat, surtout sur une voie unique traversant forêts et reliefs.

Reste que pour le voyageur assis pendant plusieurs heures entre Lopé et Booué, la théorie du pilote compte moins que l'expérience concrète : un écran noir reste un écran noir, et une clim en panne se ressent immédiatement, quelle que soit la phase du projet.

Ce que ça change pour les usagers du Transgabonais

Le Transgabonais n'est pas un simple service parmi d'autres : c'est souvent l'unique alternative fiable pour relier l'intérieur du pays à la capitale économique. Toute amélioration du confort à bord — Wi-Fi, information en temps réel, climatisation stable — a donc une valeur concrète pour des familles, des étudiants, des commerçants qui passent des heures dans ces wagons.

Si les dysfonctionnements rapportés se confirment, l'enjeu n'est pas seulement technique : il est aussi celui de la crédibilité des annonces publiques. Un projet présenté comme une avancée doit, à terme, tenir ses promesses, sous peine d'installer un doute durable chez les usagers.

La suite à surveiller

Le Kiosque suivra l'évolution de ce dossier et cherchera à recueillir la version de la SETRAG et des autorités de tutelle sur l'état réel du déploiement. Un projet pilote se juge sur sa capacité à corriger ses défauts avant la généralisation : c'est cette étape, désormais, qu'il faudra observer de près.

À lire aussi