Bourses et métiers d'avenir : le Gabon resserre ses liens avec le Maroc
Une délégation de l'Agence nationale des bourses du Gabon a rencontré à Casablanca les grands acteurs marocains de la formation professionnelle.
Une mission de l'Agence nationale des bourses du Gabon (ANBG) s'est rendue à Casablanca pour consolider les partenariats avec les institutions marocaines de l'enseignement supérieur et de la formation professionnelle. Au cœur des échanges : la formation de ces compétences dont le Gabon aura besoin demain, dans des filières techniques et professionnelles souvent délaissées.

Casablanca, ville tentaculaire où se croisent affaires et savoir, a accueilli début juillet une délégation gabonaise venue avec un objectif précis : élargir l'éventail des formations accessibles aux étudiants gabonais boursiers. Conduite par Nono Oyanigui, directeur général adjoint de l'Agence nationale des bourses du Gabon, cette mission de travail a permis de rencontrer plusieurs institutions clés du système marocain de formation.
Un partenaire de poids pour la formation professionnelle
Le temps fort du déplacement a été la séance de travail avec Loubna Tricha, directrice générale de l'Office de la formation professionnelle et de la promotion du travail (OFPPT). Cet organisme public marocain forme chaque année des centaines de milliers de jeunes dans des métiers techniques — mécanique, énergie, numérique, hôtellerie — et constitue l'un des piliers de la stratégie marocaine de qualification de sa main-d'œuvre. La rencontre s'est déroulée en présence du premier conseiller de l'ambassade du Gabon au Royaume chérifien, signe de l'importance accordée à ce dossier par la diplomatie gabonaise.
Pour l'ANBG, dont la mission consiste à gérer et orienter les bourses d'études des Gabonais partis se former à l'étranger, ce type de partenariat répond à une préoccupation constante : diversifier les destinations et surtout les filières, au-delà des cursus universitaires classiques que privilégient traditionnellement les boursiers.
Pourquoi la formation professionnelle change la donne
Le Gabon, comme beaucoup de pays de la sous-région, fait face à un paradoxe bien connu : des diplômés universitaires en nombre, mais un déficit persistant de techniciens qualifiés dans des secteurs porteurs comme le BTP, l'agro-industrie ou la maintenance industrielle. Renforcer les liens avec un organisme comme l'OFPPT, reconnu pour l'insertion professionnelle rapide de ses lauréats, ouvre potentiellement une voie complémentaire à celle des grandes écoles et universités.
C'est tout l'enjeu de cette mission : ne plus seulement envoyer des étudiants gabonais décrocher un diplôme académique, mais leur permettre d'acquérir des compétences directement mobilisables sur le marché du travail, gabonais ou international, dès leur retour.
Le Maroc, une destination qui compte déjà pour les Gabonais
Le Royaume chérifien accueille depuis plusieurs années une communauté d'étudiants gabonais, séduits par la proximité linguistique, la qualité reconnue de certaines filières et des coûts de vie plus accessibles qu'en Europe. Cette mission s'inscrit dans la continuité d'une relation bilatérale déjà installée entre les deux pays en matière de coopération académique.
Reste à savoir quelles suites concrètes seront données à ces échanges : accords de partenariat, quotas de bourses dédiés, filières prioritaires identifiées. Selon nos informations, ces contacts s'inscrivent dans une phase de consolidation plutôt que dans l'annonce d'un dispositif déjà arrêté — les prochaines étapes permettront d'en mesurer la portée réelle.
Ce que cela peut changer pour les familles gabonaises
Pour un parent gabonais qui s'interroge sur l'orientation de son enfant après le bac, l'enjeu dépasse la diplomatie. Si ce rapprochement se traduit par de nouvelles places réservées dans des filières techniques marocaines reconnues, c'est une alternative crédible qui s'ouvre, loin de la seule voie universitaire classique — et potentiellement un raccourci vers l'emploi.
L'ANBG, en multipliant ce type de missions, cherche précisément à élargir ce choix. La suite dépendra désormais de la traduction de ces échanges en accords concrets et en places de formation effectivement accessibles aux jeunes Gabonais.
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