dimanche 13 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
Culture

Sous les frondaisons de l'Arboretum, la science des forêts se met en marche

À Libreville, chercheurs et institutions ont troqué la salle de conférence pour un sentier boisé, le temps d'un « Walk & Talk » consacré à l'avenir des forêts du Bassin du Congo.

L'idée tient en deux mots venus de l'anglais des affaires : marcher et parler. Ce jeudi, à l'Arboretum Raponda Walker, une quinzaine de chercheurs, doctorants et représentants d'institutions françaises et gabonaises ont préféré la promenade au huis clos pour échanger sur la gestion durable des forêts tropicales. Une rencontre discrète, mais révélatrice d'une manière de faire de la science qui gagne du terrain au Gabon.

Des participants marchent sur un chemin forestier bordé d'arbres lors d'une rencontre scientifique en extérieur.
Chercheurs, doctorants et représentants institutionnels lors du Walk & Talk organisé à l'Arboretum Raponda Walker.

Une promenade studieuse au cœur de la ville verte

L'Arboretum Raponda Walker, poumon vert de Libreville, a servi de décor à cette rencontre organisée par l'Institut de recherche pour le développement (IRD) et l'initiative One Forest Vision. Le principe du Walk & Talk n'a rien d'un gadget : en marchant plutôt qu'en s'asseyant face à un rétroprojecteur, les participants disent souvent échanger plus librement, sans la raideur des tables de conférence.

Ce jeudi, la formule a réuni une quinzaine de personnes : chercheurs confirmés, doctorants en cours de thèse, représentants d'institutions gabonaises et françaises, et partenaires techniques. Un format resserré, à taille humaine, pensé pour favoriser la discussion plutôt que la simple juxtaposition d'exposés.

Le Bassin du Congo, un massif sous surveillance scientifique

Le sujet, lui, ne souffre aucune légèreté : la gestion durable des forêts tropicales du Bassin du Congo, ce vaste massif forestier qui s'étend du Gabon au bassin du fleuve Congo et constitue, avec l'Amazonie, l'un des grands réservoirs de biodiversité et de carbone de la planète. Comprendre comment l'exploiter sans l'épuiser, comment mesurer sa résilience face au changement climatique, comment faire dialoguer les savoirs locaux et les protocoles scientifiques internationaux : autant de questions qui traversent les projets de recherche menés au Gabon depuis plusieurs années.

Selon le communiqué diffusé à l'issue de la rencontre, l'objectif était triple : renforcer les liens entre institutions, mieux faire connaître les projets de chacun et faire émerger de nouvelles perspectives de collaboration. Trois ambitions modestes en apparence, mais qui pèsent lourd dans un domaine où la recherche avance souvent en silos, chaque laboratoire ou chaque agence travaillant sur son propre terrain sans toujours savoir ce que fait le voisin.

Ce que cela change, concrètement

Un Walk & Talk ne produit ni décret ni budget. Mais il produit du lien, cette matière première invisible sans laquelle aucune coopération scientifique durable ne tient. Pour le Gabon, dont la forêt couvre près de 88 % du territoire et constitue l'un des atouts les plus précieux dans les négociations climatiques internationales, chaque passerelle tissée entre chercheurs gabonais et partenaires étrangers compte : elle nourrit la connaissance fine du massif forestier, condition indispensable pour peser dans les discussions sur le carbone forestier et pour orienter les politiques publiques de conservation.

La prochaine étape sera de savoir si cette rencontre informelle débouchera sur des projets concrets, des publications communes ou de nouveaux partenariats. Le format, en tout cas, a fait la démonstration qu'on peut aussi penser la forêt en marchant dans une forêt.

À lire aussi