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Pourquoi le Sénégal se sépare déjà de son sélectionneur Pape Thiaw

Nommé il y a moins d'un an, l'ancien adjoint d'Aliou Cissé paie des résultats jugés insuffisants par la Fédération sénégalaise de football.

La Fédération sénégalaise de football a engagé, dans la nuit du 11 au 12 juillet, une procédure de cessation des fonctions de son sélectionneur national, Pape Bouna Thiaw, et de son staff technique. Un an et demi après avoir succédé à Aliou Cissé, artisan du sacre continental de 2021, le technicien sénégalais voit sa mission s'achever dans un climat de pression sportive qui n'épargne aucun sélectionneur africain, y compris au Gabon.

Vue d'un stade de football éclairé de nuit, tribunes remplies, ambiance de match international.
La fonction de sélectionneur reste l'une des plus exposées du football africain, où les résultats immédiats pèsent lourdement sur la durée des mandats.

Le communiqué de la Fédération sénégalaise de football (FSF) tient en quelques lignes, mais il a suffi à faire trembler tout un pays de football. Réuni en pleine nuit, le Comité exécutif de l'instance a engagé une procédure de cessation des fonctions de Pape Bouna Thiaw et de son équipe technique, invoquant des résultats sportifs jugés insuffisants. La décision, précise la fédération, a été prise « dans l'intérêt du football sénégalais ».

Rien, dans cette formule sobre, ne détaille les chiffres exacts d'un bilan qui reste, à ce stade, incomplet dans les informations disponibles. Mais le symbole est fort : le Sénégal, l'un des poids lourds du football africain depuis son titre continental de 2021, se retrouve à nouveau à la recherche d'un capitaine pour son banc de touche.

Un intérim devenu fonction, puis un désaveu

Pape Bouna Thiaw n'était pas un inconnu du vestiaire des Lions de la Teranga. Adjoint historique d'Aliou Cissé, il avait assuré l'intérim après le départ de ce dernier, avant d'être officiellement confirmé sélectionneur national le 4 octobre 2024. Une nomination logique, presque naturelle, pour un homme qui connaissait le groupe par cœur.

Moins d'un an plus tard, cette continuité voulue par la fédération n'a pas suffi à convaincre. La sanction tombe vite, signe d'une exigence de résultats immédiats qui s'est imposée dans le football africain, où les cycles se raccourcissent d'édition en édition, de qualification en qualification.

Une pression que connaît tout le continent

Le cas sénégalais n'est pas isolé. D'un bout à l'autre de l'Afrique, les fédérations arbitrent en permanence entre fidélité à un projet de jeu et urgence du résultat. Le Sénégal avait pourtant construit, sous Aliou Cissé, l'une des trajectoires les plus stables du continent : une Coupe d'Afrique des nations remportée en 2022 (finale disputée début 2022, pour l'édition 2021), une qualification en Coupe du monde, une génération de joueurs reconnue en Europe.

Ce socle rend la chute plus visible. Il rappelle aussi une réalité que connaissent bien les suiveurs du football gabonais : gagner une CAN ou qualifier une équipe pour un Mondial ne met jamais un sélectionneur définitivement à l'abri. La fonction reste, partout, suspendue au prochain match.

Ce que cela dit du football continental

Au-delà du feuilleton sénégalais, cet épisode illustre une tension structurelle : celle qui oppose le temps du jeu, qui a besoin de stabilité pour porter ses fruits, et le temps des instances dirigeantes, rythmé par les échéances et l'impatience des opinions publiques. Les grandes nations africaines du football, Sénégal en tête, ont beau disposer de moyens et de génération de talents solides, elles ne sont pas épargnées par cette instabilité chronique sur le banc.

Pour le football gabonais, qui aspire lui aussi à installer davantage de continuité technique autour des Panthères, l'exemple sénégalais fonctionne comme un miroir. Il rappelle qu'une bonne gouvernance sportive ne se limite pas au recrutement d'un entraîneur : elle suppose aussi de lui donner le temps de bâtir un projet, et de fixer, en amont, des objectifs clairs et partagés entre fédération, staff et joueurs.

La FSF devra désormais nommer un successeur à Pape Bouna Thiaw, dans un calendrier international qui ne laisse guère de répit. L'épisode confirme, une nouvelle fois, que le poste de sélectionneur reste, sur tout le continent, l'un des plus exposés du sport africain.

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