Owendo : l'État clarifie qui drague et qui sonde le port
Une réunion de haut niveau redessine la répartition des missions maritimes pour préserver l'accueil des grands navires.
Le Ministre d'État chargé des Transports a réuni les principaux acteurs portuaires autour d'un enjeu discret mais vital : l'entretien des fonds marins à Owendo. À la clé, une distinction claire entre dragage et études bathymétriques, confiée à des opérateurs identifiés. Un chantier de gouvernance qui touche directement la compétitivité logistique du Gabon.
Un port stratégique, des fonds à surveiller de près
Derrière l'activité quotidienne du port d'Owendo se joue une bataille invisible : celle des profondeurs. Pour accueillir en toute sécurité les navires à fort tirant d'eau — ceux dont la coque descend profondément sous la surface —, il faut garantir en permanence un chenal suffisamment creusé.
C'est le rôle du dragage, cette opération qui consiste à retirer les sédiments accumulés au fond de l'eau. Sans lui, les grands porte-conteneurs risquent tout simplement de ne plus pouvoir accoster. L'enjeu est donc à la fois technique et économique pour la première plateforme logistique du pays.
Une réunion pour clarifier les responsabilités
Soucieux d'une gouvernance harmonisée des activités portuaires, le Ministre d'État, Ministre des Transports, de la Marine Marchande et de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, a présidé une séance de travail réunissant les principaux acteurs du secteur.
Au cœur des échanges : la question du dragage au niveau du terminal exploité par Owendo Container Terminal (OCT). Historiquement, c'est l'exploitant qui faisait assurer les opérations nécessaires au maintien des profondeurs requises.
Mais les évolutions dans l'organisation portuaire ont rendu nécessaire une réflexion sur la répartition des missions. Qui doit draguer ? Qui doit surveiller les fonds ? La rencontre visait précisément à trancher ces questions et à clarifier les responsabilités, obligations et prérogatives de chaque partie prenante.
Dragage d'un côté, bathymétrie de l'autre
Les discussions ont rappelé les orientations arrêtées par les instances compétentes de l'Office des Ports et Rades du Gabon (OPRAG), qui plaident pour une meilleure structuration de ces activités via des opérateurs spécialisés.
À l'issue des travaux, un consensus s'est dégagé sur un principe simple mais essentiel : distinguer clairement le dragage des études bathymétriques. La bathymétrie, c'est la mesure précise de la profondeur de l'eau et du relief des fonds marins — l'équivalent d'une cartographie sous-marine.
Dans ce cadre, les opérations de dragage seront confiées à la société gabonaise NTAM, chargée de maintenir les profondeurs nécessaires à la navigation. Une répartition qui vise à professionnaliser l'entretien du port.
Ce que cela change pour le Gabon
Cette clarification n'a rien d'anecdotique. Un port bien entretenu, c'est l'assurance de navires accueillis sans retard, de flux de marchandises fluides et d'une compétitivité préservée face aux plateformes voisines de la région.
En distinguant les rôles et en s'appuyant sur des opérateurs identifiés, les autorités posent les bases d'une gestion plus lisible et plus durable des infrastructures maritimes stratégiques. Reste désormais à traduire ces orientations dans les faits, sur le terrain et dans le temps. C'est à cette étape que se mesurera l'efficacité réelle de la démarche.
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