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Économie

Libreville accueille son premier concours de plaidoirie sur le droit des affaires

De jeunes juristes gabonais s’apprêtent à plaider les dossiers qui, ailleurs, font ou défont la confiance des investisseurs.

Le 18 juillet 2026, le Club OHADA de l’EM Gabon – Université organisera à Libreville la première édition du Concours national de l’As OHADA de la plaidoirie. Un exercice d’école, en apparence, mais qui pointe vers un enjeu bien réel : celui de la sécurité juridique des affaires, condition trop souvent négligée de l’attractivité économique du pays.

Étudiants en robe d'avocat participant à un concours de plaidoirie dans un amphithéâtre universitaire
Le Concours national de l'As OHADA de la plaidoirie doit réunir de jeunes juristes gabonais à Libreville.

Un concours de plaidoirie, ça sonne comme une affaire d’amphithéâtre, réservée aux étudiants en robe noire et aux professeurs de droit. Selon nos informations, celui qui doit se tenir le 18 juillet 2026 à Libreville ne se limite pourtant pas à un exercice de style oratoire. Organisé par le Club OHADA de l’EM Gabon – Université, il met en scène un sujet qui dépasse largement les murs de la faculté : la place du droit des affaires dans la course que se livrent les pays africains pour attirer les capitaux.

L’OHADA, ce sigle qui pèse sur l’économie réelle

L’Organisation pour l’Harmonisation du Droit des Affaires en Afrique — l’OHADA — a été créée en 1993 à Port-Louis, avec une idée simple : offrir aux investisseurs, où qu’ils s’installent sur le continent, des règles communes en matière de sociétés commerciales, de sûretés, de procédures collectives ou d’arbitrage. Le Gabon en est membre depuis l’origine, aux côtés d’une quinzaine d’autres États d’Afrique de l’Ouest et centrale.

Ce droit harmonisé n’est pas un détail technique réservé aux cabinets d’avocats. C’est, très concrètement, ce qui rassure — ou inquiète — un entrepreneur étranger qui hésite à ouvrir une filiale à Libreville plutôt qu’à Douala ou Abidjan. La prévisibilité des règles du jeu compte souvent autant que les ressources naturelles ou la taille du marché.

Un signal, modeste mais révélateur

Que des étudiants gabonais choisissent de consacrer une compétition entière à plaider des cas relevant du droit OHADA n’a rien d’anodin. C’est le signe qu’une génération de futurs juristes, de futurs conseils d’entreprise, s’empare d’un sujet longtemps resté l’apanage d’un cercle restreint de spécialistes.

Le format même du concours — la plaidoirie — a une vertu qu’aucun cours magistral ne remplace : il oblige à incarner un dossier, à défendre un client fictif devant un jury, à transformer un article de code en argument vivant. C’est ainsi que se forment, dans d’autres pays, les avocats d’affaires capables de peser dans des négociations internationales.

Ce que cela change, concrètement, pour le Gabon

Un concours étudiant ne construit pas, à lui seul, un climat des affaires. Mais il en dit long sur la direction que prend une partie de la jeunesse gabonaise formée dans le supérieur : vers l’expertise juridique appliquée à l’économie, plutôt que vers le seul contentieux classique.

À terme, ce sont ces profils — capables de maîtriser aussi bien le droit des sociétés que les mécanismes d’arbitrage OHADA — qui manquent le plus aux entreprises locales lorsqu’elles négocient avec des partenaires étrangers, ou aux investisseurs qui cherchent, sur place, des interlocuteurs rassurants. Former ces compétences chez soi, plutôt que de les importer, est un pari sur l’attractivité future du pays.

Reste que l’événement, à ce stade, demeure une première édition, portée par une seule université. Sa portée réelle — nombre de participants, retentissement au-delà du monde académique — se mesurera dans les mois qui suivront. Mais l’intention, elle, est déjà un indicateur : celui d’une prise de conscience, encore timide, que le droit économique n’est pas un supplément d’âme mais un outil de compétitivité.

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