Ndjolé face à ses immondices : le malaise d’une ville-carrefour
Nids-de-poule transformés en mares et dépôts sauvages : la cité du Moyen-Ogooué peine à maîtriser ses déchets.
À Ndjolé, chef-lieu du Moyen-Ogooué et carrefour historique sur la route reliant Libreville à l’intérieur du pays, des riverains décrivent un cadre de vie dégradé par l’accumulation de déchets. Un constat encore isolé, qu’il convient de considérer avec prudence en l’absence de confirmation croisée, mais qui interroge sur l’entretien du cadre urbain dans les villes secondaires du pays.

Une scène qui interpelle
À quelques mètres d’une station de lavage automobile fréquentée par les automobilistes de passage, un tableau surprend : un nid-de-poule rempli d’eau stagnante, jouxté par une poubelle sauvage dont le contenu semble se répandre alentour. Selon les observations rapportées, ce décor se dresse dès la sortie de l’établissement, sur un axe pourtant très fréquenté.
Ce genre de situation, si elle se confirme dans la durée, n’est pas anodine. L’eau stagnante mêlée à des déchets favorise la prolifération de moustiques et peut représenter un risque sanitaire pour les habitants, en particulier durant la saison des pluies, lorsque les précipitations aggravent la stagnation des eaux.
Ndjolé, une ville-étape sous pression
Ndjolé occupe une position particulière dans la géographie gabonaise. Ancienne ville coloniale, elle est aujourd’hui un point de passage incontournable sur la route nationale qui relie Libreville aux provinces de l’intérieur, notamment vers le Sud-Est et le Nord-Est du pays. Ce statut de carrefour draine chaque jour un flux important de véhicules, de commerçants et de voyageurs.
Cette fréquentation, si elle est une richesse pour l’activité économique locale — stations-service, restaurants de bord de route, ateliers mécaniques —, exerce aussi une pression supplémentaire sur des infrastructures de collecte des déchets qui semblent, d’après les éléments disponibles, ne pas suivre le même rythme. Le déséquilibre entre l’activité économique générée par le transit et la capacité de gestion des ordures illustre un défi que connaissent plusieurs villes moyennes du Gabon, où l’essentiel des moyens de voirie reste concentré dans les grands centres urbains.
Un défi commun aux villes secondaires
La gestion des déchets dans les localités situées hors des grandes agglomérations gabonaises demeure un sujet de préoccupation récurrent. Faute de services de collecte réguliers ou de décharges aménagées à proximité, des dépôts informels se forment parfois aux abords des commerces, des stations-service ou des axes de circulation les plus fréquentés.
Ces situations, quand elles perdurent, appellent généralement une réponse coordonnée entre les municipalités, les services d’hygiène et les riverains eux-mêmes, dont la vigilance au quotidien reste un premier rempart contre la formation de nouveaux points noirs.
Ce qu’il faut retenir
À ce stade, un seul témoignage de terrain documente la situation observée à Ndjolé ; il mérite d’être confirmé par d’autres constats avant d’être généralisé à l’ensemble de la ville. Il rappelle néanmoins l’importance, pour les villes-carrefours comme Ndjolé, de disposer d’une gestion des déchets à la hauteur du trafic qu’elles accueillent. Une meilleure coordination entre acteurs économiques locaux — comme les stations de lavage et de service — et autorités municipales pourrait contribuer à préserver l’image et la salubrité de cette porte d’entrée vers l’intérieur du Gabon.
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