La BEAC ouvre la CEMAC aux paiements rapides du continent
En rejoignant le PAPSS, la banque centrale rapproche le Gabon et ses voisins du reste de l'Afrique.
La Banque des États de l'Afrique centrale vient d'adhérer au Système de paiement et de règlement panafricain. Une décision technique en apparence, mais lourde de conséquences pour les échanges commerciaux et la vie quotidienne des Gabonais. Décryptage d'un pas de plus vers l'intégration africaine.

Un guichet continental qui s'ouvre à la CEMAC
Le 9 juillet 2026, la Banque des États de l'Afrique centrale (BEAC) a officiellement rejoint le Système de paiement et de règlement panafricain (PAPSS). Derrière ce sigle technique se cache une ambition simple : permettre à un commerçant, une entreprise ou un particulier de payer un partenaire dans un autre pays africain plus vite et à moindre coût.
Concrètement, cette adhésion connecte les six pays de la CEMAC — le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale et le Tchad — au reste du continent à travers une même plateforme de transactions transfrontalières.
Jusqu'ici, envoyer de l'argent d'un pays africain à un autre passait souvent par des banques et des devises étrangères, avec des délais longs et des frais élevés. Le PAPSS entend raccourcir ce parcours.
Ce que cela change pour le Gabon
Pour un importateur de Libreville ou un entrepreneur de Port-Gentil, l'enjeu est très concret. Régler une facture à un fournisseur du continent pourrait devenir plus simple, plus rapide et moins onéreux.
Le principe du PAPSS repose sur une idée forte : permettre les paiements en monnaies locales, sans passer systématiquement par une devise tierce. Cela réduit les intermédiaires et, potentiellement, les coûts de conversion.
Cette logique s'inscrit dans la dynamique plus large de la Zone de libre-échange continentale africaine, qui vise à faire tomber les barrières commerciales entre pays du continent. Un système de paiement fluide en est le complément naturel.
Une pièce de plus dans le puzzle de l'intégration
L'adhésion de la BEAC dépasse la seule modernisation technique. Elle traduit une volonté d'ancrer davantage l'Afrique centrale dans les échanges panafricains, longtemps freinés par des systèmes financiers cloisonnés.
Pour une région dont les économies restent tournées vers l'extérieur, disposer d'un outil facilitant le commerce entre voisins africains représente une opportunité de diversification.
Il convient toutefois de rester mesuré : l'adhésion marque un point de départ. Les bénéfices réels dépendront du déploiement effectif de la plateforme auprès des banques commerciales et de son appropriation par les acteurs économiques.
Ce qu'il faut retenir
En rejoignant le PAPSS, la BEAC pose une brique importante de l'intégration économique africaine. Pour les entreprises et les citoyens de la CEMAC, la promesse est celle de paiements transfrontaliers plus rapides et moins coûteux.
Reste désormais à transformer l'annonce en réalité de terrain. Les prochains mois diront à quelle vitesse commerçants et banques du Gabon pourront tirer parti de ce nouveau canal.
À lire aussi

Gestion des déchets : Adrien Nguema Mba reçoit le groupe ghanéen Jospong
Le ministère de l’Intérieur a annoncé une audience entre Adrien Nguema Mba et une délégation de Jospong International Business, groupe ghanéen reconnu dans la gestion des déchets. La rencontre porte sur un sujet qui touche le quotidien de chaque Gabonais : la propreté des villes.
À la uneOligui Nguema à Abidjan pour les 66 ans de l'indépendance ivoirienne
Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a foulé le sol ivoirien ce mardi, accompagné de la Première Dame Zita Oligui Nguema, pour participer aux célébrations du 66e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. Un déplacement qui s'inscrit dans la tradition des solidarités panafricaines entretenues entre Libreville et Abidjan.
À la uneLe Président veut des campus à la hauteur des ambitions du Gabon
Le Président de la République a réaffirmé son engagement en faveur de campus universitaires modernes, capables de répondre aux ambitions de développement du Gabon. Une orientation portée par le ministère de l'Enseignement supérieur, qui en fait un axe structurant de sa politique.