dimanche 13 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
Culture

Imenu-Pungu prépare sa deuxième édition des journées culturelles

À Libreville, le collectif des enfants d'Imenu-Pungu a posé les premières pierres d'un rendez-vous appelé à devenir un rituel de mémoire et de transmission.

Réunis à Libreville, les fils et filles d'Imenu-Pungu ont lancé les préparatifs de la deuxième édition de leurs journées culturelles. Au menu : un grand défilé, le renforcement des liens communautaires et un appel pressant à la transmission entre générations. Une rencontre modeste dans sa forme, mais révélatrice d'une dynamique associative qui prend racine.

Illustration symbolisant une réunion de membres d'un collectif culturel gabonais à Libreville.
Le Collectif des Enfants d'Imenu-Pungu réuni à Libreville pour préparer sa deuxième édition des journées culturelles.

Il y a des réunions qui ne font pas de bruit mais qui, patiemment, construisent quelque chose. Celle qui a réuni les membres du Collectif des Enfants d'Imenu-Pungu, à Libreville, appartient à cette catégorie. Sans tambour ni trompette, le collectif a officiellement lancé les préparatifs de la deuxième édition de ses journées culturelles, confirmant une ambition qui dépasse le simple folklore de circonstance.

Une communauté qui s'organise

Le rendez-vous n'a rien d'anodin pour ceux qui suivent la vie associative des communautés originaires de l'intérieur du pays, installées en nombre dans la capitale. Se retrouver, se compter, échanger sur ce qui unit et ce qui doit encore se construire : c'est tout l'enjeu de ces journées culturelles, pensées comme un moment où l'on cultive la mémoire collective autant que les liens du quotidien.

Selon les échos de cette rencontre, les discussions ont porté sur l'organisation d'un grand défilé, pièce maîtresse de cette deuxième édition. Un défilé, dans ce type de manifestation, n'est jamais un simple cortège : il est vitrine, il est fierté, il est aussi l'occasion de rendre visible ce qui, autrement, reste confiné aux conversations de famille.

L'appel à la transmission, fil rouge de la rencontre

Au-delà de la logistique, un mot revient avec insistance dans les échanges rapportés : transmission. Le collectif a lancé un appel en ce sens, signe d'une préoccupation partagée par nombre d'associations culturelles gabonaises confrontées à un défi commun — celui de faire vivre un patrimoine oral, des pratiques et des repères identitaires auprès d'une jeunesse de plus en plus urbaine et connectée.

Cette question de la transmission dépasse le seul cas d'Imenu-Pungu. Elle traverse, sous des formes diverses, la plupart des collectifs communautaires du pays, tous confrontés à l'érosion progressive de certains savoirs face à l'exode et à l'urbanisation. En ce sens, l'initiative des Enfants d'Imenu-Pungu s'inscrit dans un mouvement plus large de résistance douce, celui des communautés qui refusent de laisser leur mémoire se diluer dans l'anonymat de la ville.

Ce que cela change concrètement

Pour les membres du collectif, la tenue d'une deuxième édition constitue déjà en soi un signal. Une première édition réussie appelle une suite ; une suite planifiée annonce une pérennisation. C'est souvent ainsi que naissent les traditions durables : un événement se répète, s'enracine, devient un point de repère dans le calendrier d'une communauté.

Pour les Librevillois originaires d'Imenu-Pungu, cette annonce est aussi une invitation à se projeter : réserver une date, préparer une tenue, transmettre à un enfant le sens d'un défilé ou d'un chant. Autant de gestes simples qui, mis ensemble, tissent la trame d'une identité collective vivante — loin des grands discours, mais tout aussi essentiels.

Les contours précis de cette deuxième édition — dates, lieu, programme détaillé — restent, à ce stade, à préciser. Le collectif a néanmoins posé son jalon : la mécanique est enclenchée, et Imenu-Pungu se donne les moyens de faire de ce rendez-vous culturel un rituel qui compte.

À lire aussi