Dans la Ngounié, une agricultrice prend la tête du village Maramba
À Mouila, l'administration déconcentrée a officiellement installé Dame Bignoumba comme cheffe du village Maramba, au terme d'une enquête de moralité favorable.
Le village Maramba, dans le canton Ngounié-Centrale, a une nouvelle cheffe. Vendredi, le préfet du département de la Douya-Onoye a officiellement investi Dame Bignoumba, agricultrice de 58 ans et mère de sept enfants, dans cette fonction de proximité essentielle à la vie des communautés rurales du sud du Gabon. Une cérémonie sobre, mais porteuse d'un symbole fort pour la gouvernance locale.

Une installation dans les formes
C'est dans le canton Ngounié-Centrale, à quelques kilomètres de Mouila, que s'est déroulée la cérémonie. Le préfet du département de la Douya-Onoye, Alphonse Ndeme, a procédé à l'installation officielle de Dame Bignoumba en qualité de chef du village Maramba, situé dans la province de la Ngounié, au sud du Gabon.
Cette nomination n'a rien d'improvisé. Elle intervient au terme d'une enquête de moralité favorable, procédure administrative destinée à vérifier la réputation et l'intégrité d'un candidat avant sa prise de fonction. Dans son allocution, le préfet a présenté la nouvelle cheffe comme une femme responsable et respectée au sein de sa communauté, gage de la légitimité qui entoure désormais sa charge.
Le profil d'une femme de terrain
Native de Guiétsou, née le 28 décembre 1967, Dame Bignoumba appartient à l'ethnie Vungu, l'une des communautés qui composent le tissu culturel de la Ngounié. Mère de sept enfants, elle exerce le métier d'agricultrice, une activité qui l'ancre directement dans le quotidien des habitants qu'elle va désormais représenter.
Ce parcours, loin des cercles administratifs classiques, illustre une réalité souvent méconnue du grand public : les chefs de village gabonais sont, pour beaucoup, des figures issues du monde rural elles-mêmes, choisies pour leur connaissance intime du terrain plutôt que pour un diplôme ou une carrière officielle.
Le rôle discret mais essentiel des chefferies villageoises
Dans l'architecture administrative gabonaise, le chef de village occupe une place charnière. Il est le premier relais entre les habitants et l'État : il transmet les informations officielles, veille à la cohésion sociale, arbitre certains différends de voisinage et accompagne les initiatives de développement local, qu'il s'agisse d'un projet agricole, d'une école ou d'un point d'eau.
À ce titre, l'installation d'une cheffe à Maramba s'inscrit dans un mouvement plus large observé dans plusieurs provinces gabonaises, où des femmes accèdent progressivement à des responsabilités traditionnellement occupées par des hommes. Un signe, parmi d'autres, de l'évolution des équilibres au sein des communautés rurales.
Ce que cette nomination change pour Maramba
Pour les habitants du village, cette installation marque avant tout la continuité d'un service public de proximité. Elle garantit qu'un interlocuteur identifié et reconnu par l'administration reste disponible pour porter les préoccupations locales jusqu'aux autorités départementales et provinciales.
Reste à voir, dans les mois qui viennent, comment Dame Bignoumba imprimera sa marque à la gestion quotidienne du village. Son ancrage dans le monde agricole pourrait notamment peser en faveur des dossiers liés au développement rural, un enjeu central pour de nombreuses localités de l'intérieur du pays.
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