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CAN Féminine : le Nigeria toujours au sommet, Chebbak entre dans la légende

L'édition 2024 confirme la suprématie nigériane, tandis que la capitaine marocaine s'inscrit parmi les grandes buteuses de l'histoire du tournoi.

La Coupe d'Afrique des Nations Féminine TotalEnergies a livré, avec son édition 2024, une nouvelle preuve de la montée en puissance du football féminin sur le continent. Le Nigeria a retrouvé son trône, confirmant une hégémonie que peu de sélections parviennent à contester, tandis que la Marocaine Ghizlane Chebbak s'est distinguée parmi les meilleures buteuses de l'histoire de la compétition. Un tournoi qui, d'édition en édition, gagne en intensité et en visibilité — et qui interroge, forcément, la place du Gabon dans cette dynamique.

Joueuses de football féminin africain en plein match lors d'une rencontre de la CAN Féminine
La CAN Féminine TotalEnergies confirme, édition après édition, la montée en puissance du football féminin africain.

Une domination qui ne se dément pas

Depuis sa création, la CAN Féminine a rarement échappé longtemps au Nigeria. L'édition 2024 n'a pas fait exception : les Super Falcons ont retrouvé le sommet du football continental féminin, confirmant un statut de référence que les autres sélections africaines peinent encore à ébranler durablement.

Cette régularité nigériane n'est pas un accident de parcours. Elle traduit une culture du football féminin installée depuis des décennies, avec des infrastructures, un championnat national actif et une présence constante de joueuses évoluant dans les plus grands championnats européens. Pour beaucoup d'observateurs du football africain, le Nigeria reste l'étalon auquel toutes les autres nations sont mesurées.

Chebbak, une capitaine entrée dans l'histoire

Parmi les figures marquantes de ces dernières éditions, la Marocaine Ghizlane Chebbak s'est imposée comme l'une des attaquantes les plus prolifiques de l'histoire du tournoi. Capitaine emblématique des Lionnes de l'Atlas, elle incarne l'ascension spectaculaire du football féminin marocain, qui s'est offert une finale continentale à domicile lors d'une précédente édition — un exploit qui a durablement changé le regard porté sur cette sélection.

Son parcours illustre une tendance plus large : l'émergence de nouvelles nations compétitives capables de contester l'hégémonie historique du Nigeria. L'Afrique du Sud, championne en titre lors d'une édition récente, en est un autre exemple frappant. Le football féminin africain n'est plus un duel à deux, il s'élargit.

Ce que cela change pour le Gabon

Cette dynamique continentale n'est pas sans écho pour le Gabon. Le développement du football féminin national, encore balbutiant à l'échelle des grandes nations citées, dépend directement de la capacité des fédérations à investir dans les compétitions locales, les centres de formation et la visibilité des championnats féminins.

Les Panthères Dames gabonaises n'ont pas encore franchi les étapes qui ont permis au Maroc ou à l'Afrique du Sud de rivaliser avec le Nigeria. Mais l'exemple marocain, en particulier, montre qu'une progression rapide est possible lorsque les moyens et la volonté institutionnelle convergent. La CAN Féminine TotalEnergies, en gagnant en audience et en professionnalisme, offre une vitrine dont les jeunes footballeuses gabonaises pourraient, à terme, tirer profit — à condition que la filière nationale suive le mouvement.

Un tournoi qui grandit, une leçon à retenir

Au fil des éditions, la compétition confirme sa montée en puissance : niveau de jeu plus relevé, intensité accrue, émergence de nouvelles références individuelles et collectives. Le règne nigérian demeure la norme, mais il n'est plus une évidence absolue.

Pour le football gabonais, l'enseignement est clair : investir tôt et durablement dans le football féminin, c'est se donner une chance, dans quelques années, d'exister sur cette carte continentale qui se redessine match après match.

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