À Owendo, des écoliers découvrent les coulisses du rail gabonais
La SETRAG a ouvert ses portes aux petites classes de l’École Publique Conventionnée d’Owendo, pour une leçon grandeur nature sur le chemin de fer.
Le temps d’une matinée, les Grandes Sections A et B de l’École Publique Conventionnée d’Owendo ont troussé leur cartable pour une classe pas comme les autres. Direction les installations de la SETRAG, l’opérateur qui fait rouler le Transgabonais, pour une immersion dans l’univers du rail : métiers, sécurité, et premiers gestes de l’aiguilleur en herbe. Une initiative modeste dans ses proportions, mais révélatrice d’une tendance de fond : rapprocher l’entreprise de son environnement, et l’école du monde réel.

Une classe délocalisée sur les rails
Ce n'est pas tous les jours qu'une sortie scolaire mène tout droit vers les entrailles d'une gare de triage. Pour les tout-petits d'Owendo, l'expérience a dû avoir des airs d'aventure : découvrir de près les rames, comprendre à quoi servent les uniformes, les sifflets, les feux et les barrières qui rythment la vie d'une voie ferrée.
Selon les informations disponibles, la SETRAG a organisé cette visite dans le cadre de son engagement en faveur de l'éducation et de l'ouverture sur son environnement. Trois volets ont structuré la matinée : la découverte des métiers du rail, une sensibilisation à la sécurité ferroviaire, et une initiation aux réalités du secteur. Peu de détails supplémentaires ont filtré sur le déroulé précis, mais l'intention, elle, ne fait aucun doute.
Le Transgabonais, un géant discret du quotidien
Pour resituer l'enjeu : la SETRAG exploite le Transgabonais, cette ligne unique qui relie Owendo, sur la côte, à Franceville, dans le Haut-Ogooué, sur plus de 650 kilomètres. Elle transporte chaque année des tonnes de manganèse extrait des mines de l'intérieur, mais aussi des milliers de voyageurs qui n'ont pas d'autre moyen fiable de traverser le pays d'ouest en est.
C'est dire l'importance stratégique de cette infrastructure, souvent invisible pour qui ne l'emprunte pas, mais vitale pour l'économie et pour le désenclavement de régions entières. Amener des enfants à comprendre ce que représente ce ruban d'acier, c'est aussi leur donner une clé de lecture sur la géographie économique de leur propre pays.
Semer une graine, tôt
Sensibiliser des enfants de grande section à la sécurité près des voies n'a rien d'anecdotique. Chaque année, des drames évitables surviennent près des passages à niveau ou des emprises ferroviaires, souvent par simple méconnaissance des dangers. Apprendre dès le plus jeune âge à respecter une signalisation, à ne pas s'aventurer sur une voie, relève d'une pédagogie de prévention qui porte ses fruits sur la durée.
Il y a aussi, en creux, une question d'orientation. Le secteur ferroviaire, comme beaucoup de filières techniques au Gabon, souffre d'un déficit de vocations : conducteurs, agents de maintenance, techniciens de signalisation, ingénieurs des voies. Montrer ces métiers à des enfants, même très jeunes, c'est planter une graine qui peut germer bien plus tard, au moment des choix d'orientation scolaire et professionnelle.
Une entreprise qui s'ouvre à son quartier
Cette initiative rejoint un mouvement plus large observé chez plusieurs entreprises publiques et parapubliques gabonaises, qui multiplient les gestes vers les écoles de leur voisinage immédiat. À Owendo, ville portuaire et carrefour logistique, la présence de la SETRAG est un fait quotidien pour des milliers de familles. La rapprocher symboliquement de l'école du quartier, c'est reconnaître que l'entreprise ne vit pas en vase clos.
Reste que cette opération, aussi bienvenue soit-elle, gagnerait à s'inscrire dans la durée plutôt que dans l'événementiel ponctuel. Une visite isolée marque les esprits d'un jour ; un partenariat régulier entre l'opérateur ferroviaire et les établissements scolaires de sa zone d'influence pourrait, à terme, construire une véritable culture du rail chez les jeunes générations gabonaises.
Ce qu'il faut retenir
L'essentiel tient en peu de mots : des enfants ont vu de près un monde qu'ils ne connaissaient qu'à travers le bruit des trains au loin. Pour la SETRAG, l'exercice relève autant de la pédagogie que de l'image renvoyée à ses riverains. Pour les familles d'Owendo, c'est un signe, modeste mais concret, que le géant ferroviaire du pays n'a pas oublié qu'il roule aussi pour elles.
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