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À Libreville, deux semaines pour remettre les savoirs endogènes à l'honneur

Le Campus d'été Mbongui a ouvert ses portes le 24 juillet au siège de la CEEAC, pour un cycle de deux semaines consacré aux connaissances traditionnelles africaines.

Le Campus d'été Mbongui 2026 s'est ouvert le 24 juillet à Libreville, dans l'enceinte de la CEEAC, devant une assemblée nombreuse. Pendant deux semaines, cette rencontre entend remettre en lumière les savoirs endogènes, ces connaissances transmises de génération en génération et trop souvent reléguées au second plan face aux savoirs importés. Un rendez-vous encore jeune, mais qui interroge une question de fond : comment l'Afrique centrale valorise-t-elle ce qu'elle sait déjà ?

Cérémonie d'ouverture du Campus Mbongui 2026 au siège de la CEEAC à Libreville
Le Campus d'été Mbongui 2026 s'est ouvert le 24 juillet au siège de la CEEAC, à Libreville.

Un campus pas comme les autres

Le mot mbongui désigne, dans plusieurs traditions d'Afrique centrale, cette case ou cet espace commun où l'on se retrouve pour parler, transmettre, trancher les différends. Baptiser ainsi ce campus d'été n'est pas un hasard : l'ambition affichée est de recréer, le temps de deux semaines, cet esprit de palabre autour des savoirs endogènes — c'est-à-dire les connaissances nées et développées sur le continent, qu'elles touchent à l'agriculture, à la pharmacopée, à la gestion de l'environnement ou à l'organisation sociale.

L'ouverture s'est tenue le 24 juillet 2026 au siège de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale, à Libreville, devant une assemblée à laquelle les organisateurs tenaient visiblement à donner du poids. Le choix du lieu n'est pas non plus anodin : accueillir cet événement dans une institution sous-régionale suggère une ambition qui dépasse le seul cadre gabonais.

Pourquoi ces savoirs comptent, ici et maintenant

Dans un contexte où les questions environnementales occupent une place croissante dans le débat public gabonais — gestion des forêts, adaptation au changement climatique, transition vers des pratiques plus durables — remettre au centre des connaissances longtemps transmises oralement par les communautés locales n'a rien d'un exercice nostalgique. Ces savoirs, quand ils sont documentés et articulés aux politiques publiques, peuvent nourrir des réponses concrètes : pratiques agricoles adaptées aux sols locaux, usages raisonnés des ressources forestières, ou encore médecine traditionnelle mieux intégrée aux parcours de soins.

À ce stade, les informations disponibles sur le contenu précis des deux semaines de campus restent limitées : intervenants, ateliers et thématiques détaillées n'ont pas encore été précisés dans le détail. Il conviendra de suivre, dans les prochains jours, la manière dont ce programme se déploie concrètement.

Ce que cela change, potentiellement

Pour les Gabonais, l'enjeu dépasse le symbole. Si ce type de rencontre parvient à structurer une vraie passerelle entre savoirs traditionnels et politiques publiques — agriculture, santé, environnement — elle pourrait contribuer à des solutions plus adaptées aux réalités locales que des modèles importés tels quels. Reste à voir, dans la durée, si le Campus Mbongui débouchera sur des recommandations suivies d'effets, ou s'il restera un temps fort ponctuel de sensibilisation. La suite du programme, sur les deux semaines annoncées, donnera une première indication.

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