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À l'UOB, chercheurs et Nganga dialoguent sur le sacré ancestral

Une rencontre inédite à l'Université Omar Bongo a réuni prêtres, guérisseurs traditionnels et universitaires autour de la mémoire spirituelle du Gabon.

Dès 11 heures, un public inhabituel s'est retrouvé sur le campus de l'Université Omar Bongo : chercheurs, prêtres, Nganga, étudiants et passionnés d'histoire, réunis autour d'un thème rarement traité avec autant de solennité, celui des savoirs ancestraux, de l'identité et de leur transmission. Une matinée qui a posé, sans détour, la question de ce que le Gabon garde — et risque de perdre — de sa mémoire spirituelle.

Public varié assis dans un amphithéâtre universitaire, mêlant tenues académiques et traditionnelles.
Une rencontre à l'Université Omar Bongo a réuni un public rarement rassemblé autour d'un même thème : la transmission des savoirs ancestraux.

Un rendez-vous qui sort des sentiers battus

Il n'est pas si fréquent de voir, sous les arcades d'un amphithéâtre universitaire, des Nganga — ces gardiens traditionnels des rites et des savoirs thérapeutiques — assis aux côtés de prêtres et d'universitaires. C'est pourtant ce qu'a proposé cette rencontre organisée à l'Université Omar Bongo (UOB), autour d'un intitulé aussi vaste que nécessaire : « Savoirs ancestraux, identité et transmission ».

Le public, intergénérationnel et varié, en dit déjà long sur l'ambition de l'événement. On y trouvait des étudiants venus s'informer, des passionnés d'histoire venus confronter leurs lectures, mais aussi des figures rituelles qui, d'ordinaire, restent éloignées des amphis. Cette proximité inhabituelle entre le monde académique et les détenteurs de traditions orales constitue, en soi, un signal fort.

Ce que le sacré transmet, et ce qu'on risque d'oublier

Au Gabon comme ailleurs en Afrique centrale, la question de la transmission des savoirs ancestraux ne relève pas de la simple nostalgie. Elle touche à des pans entiers de la vie quotidienne : la pharmacopée traditionnelle, les rites de passage, les repères identitaires que chaque génération reçoit — ou ne reçoit plus — de la précédente. Quand l'urbanisation s'accélère et que les jeunes générations grandissent loin des villages, ce fil de transmission se fragilise.

C'est précisément ce que cette matinée à l'UOB a tenté de raviver : offrir aux plus jeunes un espace pour s'immerger dans les valeurs culturelles et cultuelles qui structurent encore, souvent en silence, une partie de la société gabonaise. Un exercice de mémoire vivante, plus que de simple érudition.

Pourquoi ce dialogue compte pour le Gabon d'aujourd'hui

Ce type de rencontre dépasse le cercle des spécialistes. Elle interroge la place que le pays entend donner à son patrimoine immatériel, à l'heure où plusieurs initiatives cherchent à documenter et valoriser les traditions locales avant qu'elles ne s'effacent. Faire dialoguer une institution universitaire avec des détenteurs de savoirs traditionnels, c'est aussi reconnaître que la connaissance ne loge pas seulement dans les bibliothèques.

Reste à savoir si cette initiative connaîtra une suite, sous quelle forme et avec quel ancrage institutionnel. Nos informations sur le format exact de cette rencontre restent, à ce stade, limitées. Mais l'essentiel est peut-être déjà là : des générations qui, pour une matinée, ont accepté de s'écouter autour d'un même sujet — la mémoire de ce qui les précède.

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