Visas étudiants pour la France : la colère éclate à Yaoundé
Devant l’ambassade de France, des étudiants camerounais dénoncent une nouvelle exigence financière qui complique l’accès aux campus français.
Plusieurs dizaines de personnes ont manifesté pacifiquement mercredi devant l’ambassade de France à Yaoundé. Elles protestaient contre une nouvelle règle imposée depuis le 9 juillet : prouver le paiement intégral de sa scolarité, ou disposer de la somme correspondante, avant même d’espérer un visa. Une mesure qui tombe alors que de nombreux dossiers étaient déjà déposés — et qui interroge, bien au-delà du Cameroun, tous les étudiants francophones candidats à des études en France.

Une exigence tombée sans préavis
Jusqu’ici, un étudiant admis dans un établissement privé français pouvait engager sa demande de visa en attestant simplement de son inscription, quitte à finaliser le paiement plus tard. Depuis le 9 juillet, selon une communication de Campus France Cameroun, la règle a changé : il faut désormais justifier du paiement intégral de la scolarité, ou prouver qu’on dispose de cette somme, avant toute délivrance de visa.
Pour des familles qui avaient déjà bouclé un dossier d’admission, parfois après des mois de démarches, le changement de pied a des allures de couperet. C’est le cas d’Yvan Odjo, candidat en master 2 de droit, qui a rejoint le rassemblement devant l’ambassade avec d’autres étudiants dans la même situation.
Un cas camerounais, une question régionale
Cette manifestation reste, à ce stade, documentée par une seule source et mérite d’être suivie avec prudence, notamment sur son ampleur exacte et sa possible extension. Mais le mécanisme qu’elle dénonce — la preuve de solvabilité intégrale avant visa — n’est pas propre au Cameroun : Campus France opère selon des règles largement communes à l’ensemble de ses bureaux en Afrique francophone.
De quoi susciter une interrogation légitime pour les candidats gabonais aux études en France, qui passent par les mêmes canaux d’inscription et de visa. Rien n’indique, en l’état, que la mesure s’applique déjà à Libreville. Mais l’épisode camerounais rappelle qu’une décision administrative prise à Paris peut, du jour au lendemain, redessiner les conditions d’accès à un diplôme pour des milliers de jeunes du continent.
Ce qu’il faut en retenir
Pour les familles gabonaises qui préparent une rentrée en France, la vigilance s’impose : vérifier tôt les conditions financières exigées par Campus France peut éviter de mauvaises surprises à quelques semaines du départ. L’épisode de Yaoundé, s’il se confirme, plaide aussi pour un dialogue renforcé entre les postes diplomatiques français et les candidats à la mobilité étudiante, afin que les règles du jeu ne changent pas en cours de partie.
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