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Vie chère : un méga marché et des quotas promis avant la fin du mois

Le gouvernement et la Centrale d'achat esquissent une riposte à la flambée des prix, avec un grand marché populaire annoncé aux abords des quartiers PK.

Sous la pression d'un pouvoir d'achat grignoté par la spéculation, l'exécutif dit vouloir muscler sa réponse. Un méga marché et un système de quotas sur les produits de première nécessité doivent voir le jour d'ici la fin du mois, selon une annonce gouvernementale relayée mercredi. L'initiative s'inscrit dans le prolongement du discours prononcé le 15 juin par le président de la République devant le Parlement réuni en congrès.

Étals de marché avec des sacs de riz et des denrées alimentaires dans une allée animée.
Un marché populaire dans les quartiers PK de Libreville, zone visée par le futur méga marché annoncé par le gouvernement.

Un discours comme point de départ

Le 15 juin dernier, devant les deux chambres réunies en congrès, Brice Clotaire Oligui Nguema a haussé le ton contre les pratiques spéculatives qui pèsent sur le quotidien des ménages gabonais. Ce discours, présenté comme un tournant dans la lutte contre la vie chère, semble avoir enclenché une mécanique administrative dont les premiers contours ont été dévoilés ce mercredi.

Selon nos informations, le gouvernement et la Centrale d'achat travaillent désormais sur deux leviers concrets : la mise en place de quotas sur certains produits de grande consommation, et l'ouverture d'un méga marché dans les quartiers PK, ces artères populaires de Libreville où se concentre une bonne partie du commerce de proximité.

Ce que l'on sait, et ce qui reste flou

Les annonces restent, à ce stade, peu détaillées. Ni la liste précise des produits concernés par les quotas, ni l'emplacement exact du futur marché n'ont été communiqués avec certitude. L'échéance avancée — la fin du mois — donne toutefois une indication claire sur l'urgence ressentie par les pouvoirs publics face à la grogne des consommateurs.

Cette prudence dans les termes n'est pas anodine : un projet de cette nature suppose une logistique lourde, entre approvisionnement, stockage et régulation des prix sur le terrain. La Centrale d'achat, structure publique chargée d'assurer la disponibilité de produits de base à prix maîtrisés, se retrouve en première ligne pour transformer l'intention politique en dispositif opérationnel.

Ce que cela changerait pour les ménages

Si le projet se concrétise dans les délais annoncés, l'effet recherché est simple : rapprocher l'offre du consommateur et casser les marges excessives que dénoncent régulièrement les associations de défense du pouvoir d'achat. Un marché de grande taille, alimenté directement par la Centrale d'achat, pourrait en théorie faire baisser les prix sur des produits sensibles comme le riz, l'huile ou le sucre — à condition que l'approvisionnement suive dans la durée.

Reste que la vie chère au Gabon puise ses racines dans des facteurs structurels : dépendance aux importations, coûts logistiques, intermédiaires multiples. Un marché supplémentaire, aussi bien intentionné soit-il, ne résoudra pas seul ces déséquilibres de fond.

Suivre l'exécution plutôt que l'annonce

La vraie question, désormais, est celle du calendrier et du contrôle. Les Gabonais ont déjà connu des annonces suivies d'une mise en œuvre laborieuse. L'enjeu pour le gouvernement sera de prouver, dans les semaines à venir, que ce méga marché et ces quotas ne resteront pas de simples intentions, mais deviendront un dispositif visible et mesurable dans le panier de la ménagère.

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