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Économie

Vers un corridor alimentaire entre le Tchad et le Gabon

Une délégation gabonaise a rencontré les autorités tchadiennes pour ouvrir la voie à l'exportation de viande vers le marché gabonais.

Une délégation gabonaise s'est rendue au Tchad pour examiner les conditions d'un futur corridor alimentaire, destiné à acheminer de la viande tchadienne vers les étals gabonais. La démarche s'inscrit dans les orientations fixées par les présidents des deux pays lors du Forum africain de l'eau, dans le cadre plus large des échanges au sein de la CEMAC.

Étal de boucherie sur un marché africain, illustration du commerce alimentaire régional
Le projet de corridor alimentaire vise à acheminer de la viande tchadienne vers les marchés gabonais.

Une mission conduite par la diplomatie gabonaise

C'est la consule générale du Gabon au Tchad, Alia Maheva Bongo Ondimba, qui a conduit récemment cette délégation auprès des autorités tchadiennes. L'objectif : évaluer concrètement les perspectives d'exportation de viande tchadienne vers le Gabon, un projet qui dépasse la simple visite protocolaire pour poser les premières pierres d'un véritable circuit d'approvisionnement.

Cette rencontre ne sort pas de nulle part. Elle s'inscrit dans les orientations fixées par les présidents Brice Clotaire Oligui Nguema et Mahamat Idriss Déby Itno, formulées en marge du Forum africain de l'eau. Deux chefs d'État, deux économies complémentaires : le Tchad dispose d'un cheptel important, le Gabon d'une demande alimentaire croissante, largement couverte aujourd'hui par les importations.

Un enjeu qui dépasse le seul commerce de viande

Le projet de corridor alimentaire s'inscrit dans le cadre plus large du renforcement des échanges commerciaux au sein de la CEMAC, cette zone économique et monétaire qui regroupe six pays d'Afrique centrale mais dont les flux internes restent, aujourd'hui encore, modestes comparés aux importations venues d'autres continents. Ouvrir une filière tchadienne vers le Gabon reviendrait à inverser, même modestement, cette logique.

Pour les consommateurs gabonais, l'enjeu est concret : diversifier les sources d'approvisionnement en produits carnés pourrait, à terme, jouer sur la disponibilité et potentiellement sur les prix, dans un pays qui importe une large part de sa consommation alimentaire. Mais ces effets restent à ce stade des perspectives évoquées, pas des acquis : aucun calendrier ni volume d'échange n'a été précisé à ce jour.

Ce qu'il reste à construire

Entre l'intention politique affichée par les deux présidents et sa traduction en flux commerciaux réels, le chemin passe par des étapes techniques : normes sanitaires, infrastructures de transport, logistique frigorifique sur des distances qui ne sont pas négligeables entre les zones d'élevage tchadiennes et les marchés gabonais. Rien, dans les informations disponibles, n'indique que ces aspects aient déjà été tranchés.

Reste que la démarche témoigne d'une volonté affirmée de resserrer les liens économiques entre deux pays de la sous-région, au-delà des discours de circonstance. La suite dépendra désormais des arbitrages techniques et du calendrier que les deux gouvernements voudront bien se donner.

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