lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Union africaine et Sahel : Ouagadougou relance le dialogue

Le chef de la diplomatie burkinabè et le président de la Commission de l'Union africaine ont évoqué, mercredi à Ouagadougou, l'avenir des relations entre l'organisation continentale et les États sahéliens.

En visite officielle au Burkina Faso, le président de la Commission de l'Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, s'est entretenu pendant plus de deux heures avec le ministre burkinabè des Affaires étrangères, Karamoko Jean Marie Traoré. Au menu : l'état de la coopération bilatérale et surtout la délicate question des liens entre l'UA et la Confédération des États du Sahel, née du retrait de trois pays sahéliens des instances régionales classiques.

Deux responsables diplomatiques se serrant la main devant les drapeaux de l'Union africaine et du Burkina Faso
Le président de la Commission de l'Union africaine, Mahamoud Ali Youssouf, reçu à Ouagadougou par le chef de la diplomatie burkinabè.

Une rencontre au cœur d'une fracture continentale

Depuis le départ du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la CEDEAO et la formation de leur propre alliance, l'AES (Alliance des États du Sahel), l'Union africaine se retrouve face à un défi inédit : comment maintenir un dialogue avec des pays qui ont pris leurs distances avec certains cadres régionaux, sans pour autant les isoler du concert continental ? La visite de Mahamoud Ali Youssouf à Ouagadougou s'inscrit dans cette recherche d'équilibre.

Selon nos informations, les échanges ont porté sur l'état de la coopération bilatérale entre l'UA et le Burkina Faso, mais aussi, plus largement, sur les relations entre l'organisation panafricaine et la Confédération des États du Sahel. Une entrevue longue — plus de deux heures — qui témoigne, si elle se confirme, d'une volonté partagée de ne pas laisser la porte se refermer.

Pourquoi cela concerne aussi Libreville

Le Gabon, comme les cinquante-quatre autres membres de l'Union africaine, a un intérêt direct à la stabilité de cet ensemble. La question sahélienne n'est pas un sujet lointain : elle touche à la sécurité régionale, à la libre circulation des personnes et des biens, et à la crédibilité même de l'UA comme instance de médiation. Un Sahel durablement en marge des institutions continentales fragiliserait l'architecture de paix et de sécurité que le Gabon soutient au sein de l'organisation.

À ce stade, cette rencontre n'a été rapportée que par une seule source, ce qui invite à la prudence sur le détail des positions échangées et sur les suites qui pourraient lui être données. Aucune déclaration officielle conjointe n'a pour l'heure été communiquée.

Ce qu'il faut retenir

Ce dialogue, même discret, illustre une réalité têtue : l'Afrique ne peut se permettre des fractures institutionnelles durables face aux défis sécuritaires et économiques qui la traversent. Pour les diplomaties africaines, dont celle du Gabon, la capacité de l'UA à renouer le fil avec les pays de l'AES sera un test de sa pertinence dans les années à venir.

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