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Un nouveau fichier de crédit s’installe à Libreville

Creditinfo Central Africa a signé ses premiers contrats avec des établissements de crédit gabonais, avec l’ambition de fluidifier l’accès au financement.

Le 15 juillet, à Libreville, une page s’est tournée pour le secteur bancaire gabonais : le Bureau d’information sur le crédit Creditinfo Central Africa a officiellement démarré ses activités. Agréé par la Banque des États de l’Afrique centrale pour l’ensemble de la zone Cemac, cet organisme doit désormais centraliser l’historique de crédit des emprunteurs, particuliers comme entreprises.

Signature de contrats lors du lancement de Creditinfo Central Africa à Libreville
La cérémonie de lancement s'est tenue le 15 juillet à Libreville, avec la signature des premiers contrats d'adhésion.

Un outil pour mieux évaluer le risque

Derrière cette cérémonie de signatures se cache un enjeu très concret : comment un banquier sait-il si un emprunteur remboursera son prêt ? Jusqu’ici, chaque établissement gabonais travaillait largement à l’aveugle, sans vue d’ensemble sur l’endettement réel d’un client auprès d’autres banques ou institutions de microfinance.

Le Bureau d’information sur le crédit (BIC) change cette donne. En collectant et en croisant les données de remboursement fournies par les établissements adhérents, Creditinfo Central Africa construit un historique fiable pour chaque emprunteur. Les contrats d’adhésion signés le 15 juillet avec plusieurs établissements de crédit marquent le point de départ concret de cette collecte.

Ce que cela peut changer pour les Gabonais

Pour un chef d’entreprise ou un salarié qui sollicite un crédit à Libreville, Port-Gentil ou ailleurs, l’intérêt est direct : un bon historique de remboursement, désormais visible et partageable entre banques, peut devenir un argument pour négocier un prêt plus rapidement, voire à de meilleures conditions. À l’inverse, les établissements prêteurs disposent d’un outil supplémentaire pour affiner leur analyse de risque, ce qui, en théorie, doit permettre d’ouvrir plus largement l’accès au crédit sans multiplier les défauts de paiement.

C’est tout l’enjeu de la formule retenue pour présenter le projet : « transformer l’information en confiance ». Un fichier de crédit fonctionne d’autant mieux qu’il est alimenté par un grand nombre d’acteurs financiers ; sa valeur, pour l’instant, dépendra donc du rythme auquel banques et institutions de microfinance rejoindront le dispositif.

Une pièce du puzzle Cemac

Ce lancement gabonais s’inscrit dans un mouvement régional : l’agrément délivré par la Banque des États de l’Afrique centrale couvre l’ensemble de la zone Cemac, où plusieurs pays travaillent à harmoniser leurs pratiques bancaires. Le Gabon devient ainsi l’un des premiers terrains d’application concrète de ce chantier d’information partagée sur le crédit.

Les prochains mois diront si le nombre d’établissements adhérents et le volume de données collectées suffisent à faire de cet outil un véritable levier de financement pour les ménages et les petites entreprises, souvent les plus pénalisés par le manque d’historique bancaire formel.

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