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Un géant chinois du rail se penche sur Belinga-Kobé-Kobé

À Libreville, le Ministre d'État a reçu une délégation de China Railway Construction Corporation pour discuter des grands chantiers ferroviaires liés au secteur minier.

Le 13 juillet 2026, le Ministre d'État a accordé une audience à une délégation de China Railway Construction Corporation Limited (CRCC). Au menu des échanges : deux projets de liaisons ferroviaires appelés à structurer l'avenir minier du pays, dont l'ambitieux tracé Belinga – Kobé-Kobé, long de 550 kilomètres. Une rencontre encore exploratoire, mais qui dessine des pistes concrètes.

Voie ferrée traversant une forêt tropicale au Gabon
Les projets de liaisons ferroviaires Belinga–Kobé-Kobé et Milinga–Mayumba visent à désenclaver les zones minières du Gabon.

Il y a des rendez-vous qui ne font pas de bruit et qui, pourtant, engagent l'avenir. Celui de ce lundi 13 juillet en fait partie. Dans les bureaux du Ministre d'État, une délégation de China Railway Construction Corporation Limited (CRCC) a été reçue pour évoquer un sujet qui occupe les esprits depuis des années au Gabon : comment relier les gisements miniers de l'intérieur aux ports, sans dépendre uniquement de la route.

Deux tracés, une même ambition

Au cœur des discussions, deux projets de liaisons ferroviaires déjà identifiés par les autorités. Le premier, et le plus spectaculaire par son ampleur, est la ligne Belinga – Kobé-Kobé, longue d'environ 550 kilomètres. Il s'agit d'un axe destiné à désenclaver la zone du Nord-Est gabonais, où dort l'un des plus importants gisements de fer inexploités au monde.

Le second projet, plus modeste en distance mais tout aussi stratégique, concerne la liaison Milinga – Mayumba, sur environ 100 kilomètres. Cet axe viserait à consolider les débouchés portuaires du sud du pays, dans une logique de complémentarité avec les infrastructures existantes.

Une entreprise chinoise, 76 ans d'expérience ferroviaire

CRCC n'est pas un acteur anonyme sur la scène des grands travaux. L'entreprise revendique 76 années d'expérience dans la construction ferroviaire, un pedigree qui a visiblement pesé dans l'accueil réservé par le Ministre d'État. Celui-ci a salué, selon nos informations, l'intérêt manifesté par le groupe chinois pour le Gabon, y voyant une opportunité de mettre cette expertise au service des projets structurants portés par le Gouvernement.

Car c'est bien là l'enjeu de fond : le rail comme colonne vertébrale du développement minier. Sans infrastructure de transport lourd, un gisement, même exceptionnel, reste une richesse théorique. Le fer de Belinga, évoqué depuis des décennies dans les discours publics, en est l'illustration la plus connue. Sa valorisation dépend directement de la capacité du pays à acheminer le minerai vers un port en eaux profondes.

Ce que ça change, concrètement

Pour l'instant, cette audience relève de la prise de contact stratégique, pas de la signature d'un contrat. Le Ministre d'État a proposé l'organisation prochaine d'une séance de travail élargie, associant les différentes parties prenantes, afin d'examiner plus précisément les modalités d'une éventuelle coopération.

Mais la portée symbolique n'est pas mince. Pour les populations du Nord-Est, longtemps tenues à distance des grands corridors économiques, la perspective d'une ligne ferroviaire signifie potentiellement des emplois de chantier, une meilleure connexion aux services, et à terme, une part de la valeur ajoutée minière qui reste sur le territoire plutôt que de transiter uniquement par la route ou par des circuits informels.

Pour le pays dans son ensemble, diversifier les partenaires capables de construire ce type d'infrastructures lourdes — au-delà des acteurs historiques du secteur — reste un enjeu de souveraineté économique. Reste à transformer l'intention en calendrier, et le calendrier en rails posés sur le terrain.

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