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Trois chalutiers congolais interceptés au large de Mayumba

Vingt tonnes de poissons saisies lors d'une patrouille dans le Grand Sud, signe d'une surveillance maritime plus musclée.

Le ministère de la Mer, de la Pêche et de l'Économie bleue a arraisonné trois navires battant pavillon congolais soupçonnés de pêche illicite au large de Mayumba. Vingt tonnes de produits halieutiques ont été saisies lors de cette opération menée dans le cadre de la campagne Albacore 2026, qui vise à mieux protéger les eaux gabonaises.

Chalutier de pêche industrielle en mer, escorté par une vedette de surveillance maritime au large des côtes gabonaises
Trois chalutiers battant pavillon congolais ont été arraisonnés au large de Mayumba lors d'une patrouille de l'opération Albacore 2026.

Ils s'appellent Ron Chang 19, Ron Chang 26 et un troisième bâtiment de même flotte. Trois chalutiers battant pavillon congolais ont été interceptés mardi dernier par les gardes-côtes gabonais, au cours de la deuxième patrouille de l'opération Albacore 2026, dans la réserve aquatique du Grand Sud, au large de Mayumba.

Selon le ministère de la Mer, de la Pêche et de l'Économie bleue, les navires étaient engagés dans des activités de pêche illicite, non déclarée et non réglementée, désignée sous l'acronyme INN dans le jargon des affaires maritimes. Concrètement, il s'agit de bateaux qui pêchent sans autorisation dans une zone où l'État gabonais exerce sa souveraineté, ou en violation des règles fixées pour préserver les stocks.

Vingt tonnes de poisson, une ressource à préserver

Le bilan de l'opération donne la mesure du phénomène : vingt tonnes de produits halieutiques ont été saisies à bord des trois bâtiments. Un volume qui, à lui seul, dit ce que représente la pêche illégale pour les eaux gabonaises, réputées parmi les plus riches du golfe de Guinée en thons, carangues et autres espèces prisées.

Cette richesse attire les convoitises depuis des années. Des flottes étrangères, souvent originaires de la sous-région ou d'Asie, exploitent parfois l'étendue du littoral gabonais et la difficulté à surveiller chaque kilomètre carré de mer pour pêcher sans déclarer leurs prises, au détriment des pêcheurs artisanaux locaux et des recettes que l'État pourrait tirer d'une exploitation régulière.

Albacore 2026, une campagne de surveillance renforcée

Cette interpellation s'inscrit dans l'opération Albacore 2026, dispositif de patrouilles maritimes mis en place par les autorités pour multiplier les contrôles en mer. C'est la deuxième sortie de ce type menée cette année dans le Grand Sud, une zone jugée particulièrement exposée du fait de sa proximité avec les eaux congolaises.

Pour le Gabon, l'enjeu dépasse la seule sanction de trois équipages. Il s'agit de crédibiliser la capacité de l'État à faire respecter sa juridiction sur un domaine maritime immense, et de protéger une ressource halieutique qui reste une source de revenus et d'emplois pour les communautés côtières, de Port-Gentil à Mayumba.

Et maintenant ?

Les suites judiciaires réservées aux trois chalutiers n'ont pas encore été précisées dans le communiqué ministériel. Les autorités indiquent vouloir poursuivre les patrouilles dans les mois à venir, avec l'objectif affiché de dissuader durablement les flottes étrangères de s'aventurer dans les eaux sous juridiction gabonaise sans autorisation.

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