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Transgabonais : le chef de l’État met la pression pour moderniser le rail

En recevant le patron de la SETRAG, Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé sa volonté d’accélérer la remise à niveau de l’unique ligne ferroviaire du pays.

Le Président de la République a reçu le directeur général de la Société d’Exploitation du Transgabonais, Christian Magni. Au menu de cet entretien : l’avancement des travaux de modernisation d’une infrastructure que peu de Gabonais connaissent en détail, mais dont dépend une bonne partie de l’économie du pays. Derrière les rails, une question simple : comment le Gabon peut-il mieux maîtriser ses propres flux de richesses ?

Train du Transgabonais circulant sur une voie ferrée entourée de végétation.
Le Transgabonais, unique ligne ferroviaire du pays, relie la côte à l’intérieur du Gabon.

Le Transgabonais n’a rien d’un chemin de fer comme les autres. C’est, à ce jour, la seule ligne ferroviaire du Gabon, celle qui relie Owendo, sur la côte, aux confins de Franceville, dans le Haut-Ogooué. Sur ce ruban d’acier transitent depuis des décennies le manganèse, le bois et une part significative des marchandises qui font vivre l’économie nationale. Autant dire qu’une panne ou un ralentissement sur cette ligne se répercute vite, très vite, sur les recettes du pays.

C’est dans ce contexte que le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a reçu Christian Magni, directeur général de la SETRAG, la société qui exploite l’infrastructure. Selon nos informations, l’échange a porté sur l’état d’avancement des chantiers de modernisation en cours et sur la nécessité d’en accélérer le rythme.

Une infrastructure stratégique, pas un simple dossier technique

On pourrait croire qu’il s’agit d’une affaire de rails et de traverses, réservée aux ingénieurs. C’est plus que cela. Le Transgabonais est un outil de souveraineté économique : sans lui, pas d’acheminement fiable du manganèse vers le port d’Owendo, pas de compétitivité pour les exportateurs, pas de fluidité pour les filières qui font vivre des milliers de familles le long du tracé.

Selon les échanges rapportés autour de cette rencontre, le chef de l’État a réaffirmé sa volonté de renforcer la compétitivité de l’économie gabonaise et de sécuriser l’exploitation de la ligne. Deux objectifs qui, mis côte à côte, disent l’essentiel : il ne s’agit pas seulement de réparer des rails, mais de consolider un maillon sans lequel une partie de l’économie du pays resterait fragile.

Ce que cela change concrètement

Pour un pays exportateur de matières premières, la fiabilité du transport ferroviaire n’est pas un détail. Chaque incident sur le Transgabonais peut ralentir des cargaisons entières, retarder des livraisons et, in fine, peser sur les recettes de l’État comme sur la rentabilité des entreprises qui dépendent de cette voie. Moderniser la ligne, c’est réduire ce risque.

À l’échelle des populations riveraines, un rail mieux entretenu, c’est aussi moins de coupures, moins d’incertitude sur les cadences, et potentiellement plus de régularité pour les circulations de voyageurs qui empruntent également cette ligne entre le littoral et l’intérieur du pays.

Un chantier à suivre dans la durée

La rencontre entre le Président et le directeur général de la SETRAG ne constitue pas, en elle-même, une annonce de travaux nouveaux : c’est un signal, celui d’un suivi rapproché au sommet de l’État d’un dossier jugé prioritaire. Reste à voir, dans les prochains mois, quelles mesures concrètes viendront traduire cette volonté affichée.

Ce qui est certain, c’est que le Transgabonais reste, pour l’instant, sans alternative. Tant qu’aucune autre voie de transport lourd n’existera dans le pays, sa modernisation continuera de conditionner, pour une bonne part, la capacité du Gabon à valoriser ses ressources et à tenir ses engagements économiques.

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