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Tourisme : Libreville et Rome planchent sur l'accès aux merveilles gabonaises

Une audience diplomatique met en lumière le nerf de la guerre touristique : la desserte des sites naturels du pays.

Le ministère du Tourisme durable et de l'Artisanat a reçu l'ambassadeur d'Italie au Gabon pour évoquer un dossier aussi technique que stratégique : comment relier plus facilement les visiteurs aux trésors naturels du pays. Une rencontre qui, sans faire de bruit, touche à l'un des verrous les plus tenaces du secteur.

Réunion officielle entre une ministre gabonaise et un ambassadeur italien dans un bureau ministériel
La ministre du Tourisme durable et de l'Artisanat a reçu l'ambassadeur d'Italie au Gabon pour évoquer l'accès aux sites touristiques du pays.

Dans le bureau de la ministre du Tourisme durable et de l'Artisanat, la professeure Marcelle Ibinga épouse Itsitsa, l'ambiance tenait davantage du séminaire de travail que de la visite protocolaire. Face à elle, Stefano Moscatelli, ambassadeur d'Italie au Gabon, était accompagné de deux profils qui en disent long sur la nature de l'échange : Federico Grillon, directeur technique de Gabon Wildlife, et Marco Zangrilli, directeur général d'Africa Airlines.

Le vrai obstacle, ce sont les kilomètres

Le Gabon n'a jamais manqué d'atouts pour vendre son tourisme : forêts primaires, plages sauvages, parcs nationaux réputés parmi les plus préservés d'Afrique centrale. Ce qui manque, en revanche, c'est souvent la route — ou la piste d'atterrissage — qui y mène. C'est précisément ce nœud que la rencontre a choisi d'attaquer, en centrant les discussions sur l'accessibilité des destinations touristiques, un terme pudique pour désigner un problème très concret : des sites d'exception trop souvent hors de portée du visiteur moyen, faute de liaisons aériennes ou terrestres fiables.

La présence d'un opérateur aérien régional aux côtés d'un acteur de la conservation animalière n'est pas anodine. Elle suggère que la réflexion dépasse le simple constat pour s'orienter vers des solutions opérationnelles, mêlant offre de vols et gestion des espaces naturels.

Ce que cela peut changer, concrètement

Pour les Gabonais, l'enjeu n'est pas seulement celui des touristes étrangers. Un maillage de transport plus dense entre Libreville et les zones à fort potentiel touristique profite aussi aux populations locales, souvent enclavées, et aux petits entrepreneurs du secteur — guides, hébergeurs, artisans — qui ne peuvent capter une clientèle qu'ils n'arrivent jamais à faire venir jusqu'à eux.

Le tourisme durable, tel que porté par le ministère, ne se résume donc pas à la préservation des paysages. Il suppose une logistique repensée, capable de transformer un potentiel naturel exceptionnel en filière économique tangible, créatrice d'emplois dans les régions.

Une coopération à suivre

Aucune annonce chiffrée ni calendrier précis n'a été communiqué à l'issue de cette audience. Il s'agissait, selon toute vraisemblance, d'une étape d'échange et de cadrage plutôt que d'une signature d'accord. Reste à voir si cette séance de travail débouchera sur des partenariats structurants entre les autorités gabonaises et les acteurs italiens présents, dans un secteur où les intentions, aussi bonnes soient-elles, se mesurent d'abord à l'aune des infrastructures réellement construites.

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