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Sécurité aérienne : le Gabon pèse dans les décisions de l'ASECNA

À Ciudad de La Paz, la délégation gabonaise a défendu la modernisation du ciel africain devant les dix-neuf États membres de l'Agence.

Le 10 juillet, les ministres des Transports de dix-neuf pays d'Afrique et de Madagascar se sont retrouvés en Guinée Équatoriale pour la 78ᵉ session du Comité des Ministres de l'ASECNA. Le Gabon y était représenté par son ministre d'État chargé des Transports, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, entouré d'experts de l'aviation civile — une présence qui confirme l'implication du pays dans les choix stratégiques qui façonneront l'avenir du transport aérien sur le continent.

Ministres réunis en session de travail dans une salle de conférence internationale
La 78ᵉ session du Comité des Ministres de l'ASECNA s'est tenue à Ciudad de La Paz, en Guinée Équatoriale.

Le ciel africain a ses gardiens discrets. L'ASECNA — l'Agence pour la Sécurité de la Navigation Aérienne en Afrique et à Madagascar — veille depuis des décennies sur les routes que suivent les avions au-dessus de dix-neuf pays. On la connaît peu, mais elle décide de tout ce qui rend un vol possible et sûr : le contrôle aérien, la météo, les balises qui guident les pilotes dans le noir ou la brume.

C'est dans ce cadre que s'est tenue, le 10 juillet à Ciudad de La Paz, capitale de la Guinée Équatoriale, la 78ᵉ session du Comité des Ministres de l'Agence. Le Gabon y a envoyé une délégation de poids, conduite par le ministre d'État, ministre des Transports, de la Marine marchande chargé de la Logistique, Ulrich Manfoumbi Manfoumbi, accompagné d'experts de l'aviation civile. Une présence qui n'a rien d'anodin : elle traduit, selon le ministère des Transports, l'engagement constant du pays en faveur de la sécurité aérienne et de l'intégration régionale.

Un forum présidé par la Guinée Équatoriale

Les travaux se sont déroulés sous la présidence de Manuel Osa Nsue Nsua, Premier ministre équato-guinéen, qui a salué dans son discours d'ouverture le rôle de l'ASECNA comme « modèle exemplaire d'intégration africaine ». Il a insisté sur trois priorités qui reviennent, année après année, dans les débats de l'Agence : la modernisation des systèmes CNS/ATM — ces outils techniques qui permettent de suivre un avion en vol et de communiquer avec lui —, le développement du capital humain, et le renforcement de la gouvernance interne.

Ces questions ne sont pas de simples formules diplomatiques. Elles conditionnent directement la fiabilité du transport aérien sur un continent où les distances sont immenses et les infrastructures terrestres souvent défaillantes. Un ciel bien surveillé, c'est aussi une économie qui respire : le fret, le tourisme, les échanges commerciaux dépendent tous, in fine, de la capacité des pays à faire voler leurs avions en sécurité.

Le bilan d'une présidence tchadienne

La session a également été l'occasion de dresser le bilan du mandat de Fatima Goukouni Weddeye, ministre tchadienne des Transports, de l'Aviation civile et de la Météorologie nationale, présidente sortante du Comité. Les participants ont salué les avancées enregistrées durant son mandat en matière de gouvernance et de modernisation des infrastructures communautaires — celles-là mêmes qui profitent, par construction, à l'ensemble des dix-neuf États membres, Gabon compris.

Car c'est bien là l'enjeu pour Libreville : les investissements décidés à Ciudad de La Paz ne resteront pas cantonnés à la Guinée Équatoriale ou au Tchad. Les équipements de navigation aérienne gérés par l'ASECNA couvrent aussi l'espace aérien gabonais, utilisé quotidiennement par les vols intérieurs et les liaisons internationales qui desservent Libreville, Port-Gentil ou Franceville.

Ce que cela change concrètement

Participer à ces décisions, pour le Gabon, c'est peser sur les priorités d'investissement de l'Agence — et donc sur la qualité des équipements qui garantissent la sécurité des vols au-dessus du territoire national. C'est aussi s'assurer que la voix du pays compte dans un espace où se négocient des choix techniques et budgétaires qui engagent l'aviation civile pour les années à venir.

La suite se jouera dans l'application concrète de ces orientations : calendriers de modernisation des équipements, formations des personnels, ajustements de gouvernance. Autant de dossiers que suivront, sans doute, les prochaines sessions du Comité des Ministres.

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