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Retraite militaire : les anciens des Forces de défense saisissent la Cour constitutionnelle

Une association tout juste reconnue par l'État porte devant la Haute juridiction les préoccupations de milliers d'anciens serviteurs de la Nation.

Le président de la Cour constitutionnelle, Dieudonné Aba'a Owono, a reçu à Libreville une délégation de l'Union des agents retraités des Forces de défense et de sécurité du Gabon. Au cœur de l'échange : les droits sociaux et les prestations financières de ceux qui ont porté l'uniforme au service de l'État gabonais.

Bâtiment de la Cour constitutionnelle du Gabon à Libreville
La Cour constitutionnelle a reçu une délégation de l'Union des agents retraités des Forces de défense et de sécurité du Gabon.

Il y a des rendez-vous qui pèsent plus que d'autres. Mercredi, dans l'enceinte feutrée de la Cour constitutionnelle à Libreville, une délégation pas comme les autres a franchi le seuil de la Haute juridiction. Ni avocats, ni plaignants ordinaires : des hommes qui ont servi l'État gabonais sous l'uniforme, aujourd'hui retraités, venus porter la voix de leurs pairs.

Face à eux, Dieudonné Aba'a Owono, président de la Cour, a pris le temps d'écouter. L'audience, révélée par un communiqué de l'institution, portait sur un sujet aussi sensible que concret : les droits sociaux et les prestations financières des anciens agents des Forces de défense et de sécurité.

Une association toute jeune, une cause déjà ancienne

Ce déplacement à la Cour constitutionnelle n'est pas un coup d'éclat isolé. Il s'inscrit dans une démarche structurée, amorcée quelques jours plus tôt seulement. L'Union des agents retraités des Forces de défense et de sécurité du Gabon vient tout juste d'obtenir sa reconnaissance légale auprès du ministère de l'Intérieur, une étape administrative qui lui donne enfin une existence officielle.

Dans le même mouvement, l'organisation s'est présentée aux autorités de la Défense nationale. Deux démarches qui, mises côte à côte, dessinent la stratégie d'une association qui veut exister aux yeux de l'État avant de faire entendre ses revendications. On ne frappe pas à la porte de la plus haute juridiction du pays sans avoir, au préalable, sécurisé sa légitimité.

Ce que ça change pour les retraités des armées

Pour comprendre l'enjeu, il faut se souvenir de ce que représente une carrière dans les Forces de défense et de sécurité : des années, parfois des décennies, passées loin des familles, dans des conditions souvent rudes, au service de la sécurité nationale. Une fois l'uniforme rangé, la question de la retraite — son montant, sa régularité, les prestations qui l'accompagnent — devient centrale pour des milliers de foyers gabonais.

En se tournant vers la Cour constitutionnelle, l'Union entend attirer l'attention des pouvoirs publics sur ces préoccupations. La démarche traduit une volonté de faire respecter des droits sociaux jugés fragiles ou insuffisamment appliqués, sans que le communiqué de l'institution n'en détaille pour l'instant la nature précise ni les demandes chiffrées.

Une saisine, et maintenant ?

L'audience marque une étape, pas un aboutissement. La Cour constitutionnelle n'a pas vocation à gérer directement les questions de pensions ou de prestations sociales : son rôle est de veiller au respect de la loi fondamentale. Mais en recevant cette délégation, son président a offert à la cause des anciens militaires et gendarmes une caisse de résonance institutionnelle qu'elle n'avait pas jusqu'ici.

Reste à voir quelles suites seront données à cette démarche : orientation vers les ministères compétents, dialogue avec la Défense nationale, ou nouvelles étapes judiciaires. Pour les retraités des Forces de défense et de sécurité, l'essentiel aura déjà été franchi : exister, être entendus, et poser une première pierre dans la reconnaissance de leurs droits après une vie de service.

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