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Économie

Pourquoi la richesse du sous-sol gabonais reste le vrai moteur du développement humain

Le niveau de vie des Gabonais suit de très près les soubresauts du pétrole, du manganèse et du bois, révélant une fragilité structurelle.

Le développement humain du Gabon reste, aujourd'hui encore, largement suspendu à la santé de ses filières extractives. Selon nos informations, l'évolution du Revenu national brut par habitant, indicateur clé du niveau de vie, épouse fidèlement les cycles du pétrole et des mines. Une dépendance qui interroge sur la solidité de ce qui a longtemps été présenté comme un modèle africain.

Installation pétrolière offshore visible depuis la côte gabonaise
Le Revenu national brut par habitant du Gabon reste fortement corrélé aux cours du pétrole et des matières premières.

Le Gabon figure depuis des décennies parmi les pays africains les mieux classés en matière de développement humain. Mais ce classement doit beaucoup à une seule variable : le revenu tiré des ressources naturelles. Pétrole d'abord, manganèse et bois ensuite, ont dopé le Revenu national brut par habitant, cette mesure qui pèse lourd dans le calcul de l'indice de développement humain (IDH).

Un développement calqué sur les cours mondiaux

Quand le baril grimpe, le RNB par habitant progresse et, avec lui, la perception d'un mieux-être collectif. Quand les cours chutent, c'est l'inverse : le pays perd du terrain sur cet indicateur, sans que la santé, l'éducation ou l'espérance de vie des Gabonais ne s'améliorent nécessairement au même rythme. Le développement humain gabonais suit donc les courbes du marché plus que celles du progrès social durable.

Cette mécanique n'a rien d'anodin. Elle signifie que la position du Gabon dans les classements internationaux tient moins à des réformes structurelles de long terme qu'à la conjoncture des matières premières. Une bonne nouvelle sur les marchés peut ainsi masquer, pendant un temps, des retards persistants dans l'accès aux soins ou la qualité des infrastructures scolaires.

L'enjeu d'une croissance moins dépendante du sous-sol

Cette fragilité n'est pas une découverte pour les autorités gabonaises, qui portent depuis plusieurs années une ambition de diversification économique, tournée vers l'agriculture, le bois transformé localement ou encore les services. L'objectif affiché est clair : bâtir un développement humain qui ne s'effondre pas au premier choc pétrolier.

Car c'est bien là l'enjeu concret pour les Gabonais : un développement humain adossé aux seules ressources extractives reste, par nature, réversible. Diversifier les sources de richesse, c'est chercher à consolider durablement ce que le pétrole et le manganèse ont permis d'obtenir par le passé, sans dépendre de leur seule fluctuation. La marche est encore longue, mais la direction, elle, est posée.

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