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Poulet gabonais : 3 millions de poussins pour préparer l'après-importation

L'État engage une commande massive de poussins d'un jour pour bâtir une filière avicole nationale avant l'interdiction des importations en 2027.

À partir du 17 juillet 2026, l'État gabonais lancera une commande inédite de 3 millions de poussins d'un jour. Une étape clé du Plan Opérationnel d'Urgence de la Filière Avicole, pensé pour que le pays puisse tenir son pari : ne plus dépendre du poulet importé dès le 1er janvier 2027.

Poussins d'un jour dans un poulailler d'élevage au Gabon
Le développement de la filière avicole locale doit permettre au Gabon de réduire sa dépendance aux importations de poulet.

Le chiffre a de quoi impressionner : 3 millions de poussins d'un jour. C'est la commande que l'État s'apprête à passer à compter du 17 juillet 2026, dans le cadre d'un dispositif baptisé Plan Opérationnel d'Urgence de la Filière Avicole (POUFA). Derrière cet acronyme technique se cache un objectif limpide : produire au Gabon le poulet que les Gabonais mangent tous les jours, et cesser d'en importer l'essentiel depuis l'étranger.

Une échéance qui approche : 2027

Le compte à rebours est lancé. L'interdiction des importations de poulet de chair est fixée au 1er janvier 2027. Une décision qui suppose, en amont, de construire ce qui manque encore cruellement au pays : une capacité de production locale suffisante pour couvrir les besoins de consommation, sans rupture ni flambée des prix sur les étals de Libreville, Port-Gentil ou Franceville.

Commander des poussins d'un jour, c'est justement s'attaquer à la première brique de cette chaîne. Un poussin d'un jour, c'est un animal qui vient d'éclore, encore fragile, qu'il faut ensuite élever pendant plusieurs semaines avant qu'il n'arrive prêt à la vente sur les marchés. Sans poussins en nombre, pas d'aviculture possible : c'est le point de départ obligé de toute la filière.

Une logistique à la hauteur de l'ambition

Acheminer trois millions de poussins vivants n'a rien d'anodin. Cela suppose une chaîne logistique rigoureuse : transport rapide et sécurisé depuis les couvoirs, conditions sanitaires strictes, répartition organisée vers les éleveurs à travers le territoire. Le moindre retard, la moindre rupture de la chaîne du froid ou de ventilation, peut compromettre une partie du lot.

Cette opération n'est donc pas qu'une commande administrative : elle engage une coordination fine entre les autorités, les couvoirs fournisseurs et les exploitations d'élevage qui vont réceptionner les animaux. C'est là que se jouera, concrètement, la réussite ou l'échec de cette première vague.

Ce que cela change pour les Gabonais

Pour le consommateur, l'enjeu est simple à formuler : manger un poulet produit au Gabon, par des éleveurs gabonais, plutôt qu'importé de l'autre bout du monde. À terme, cela devrait aussi réduire la dépendance du pays aux fluctuations des marchés internationaux de la volaille congelée, qui pèsent aujourd'hui sur le panier de la ménagère.

Pour les éleveurs et les acteurs de la filière, cette commande représente une opportunité de développement économique concret : plus de poussins disponibles, c'est potentiellement plus d'exploitations qui peuvent se lancer ou grandir, et donc des emplois créés autour de l'élevage, de l'alimentation animale et de la commercialisation.

Le pari du calendrier

Entre le lancement de cette commande, en juillet 2026, et l'échéance de l'interdiction des importations, en janvier 2027, il ne reste que quelques mois. Un délai serré, qui laisse peu de marge pour les imprévus sanitaires ou logistiques inhérents à l'élevage avicole.

La réussite de cette première commande sera scrutée comme un signal. Si la filière parvient à absorber ce volume de poussins et à les transformer en poulets prêts à la vente dans les temps, elle aura franchi une étape décisive vers l'autosuffisance annoncée. L'ambition est claire ; sa concrétisation sur le terrain reste, elle, à démontrer dans les prochains mois.

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