lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
Économie

Potasse de la Banio : une société chinoise affiche ses ambitions dans la Nyanga

Un investisseur chinois manifeste son intérêt pour les gisements de potasse de la Banio, dans une province gabonaise déjà courtisée pour son sous-sol.

La Nyanga confirme son statut de terre convoitée par les investisseurs miniers. Selon nos informations, une société chinoise a affiché son intérêt pour le gisement de potasse de la Banio, un minerai stratégique pour l'agriculture mondiale. Les contours précis du projet — montant, calendrier, forme du partenariat — restent à préciser.

Paysage forestier et collines de la province de la Nyanga au Gabon
La province de la Nyanga, riche en potentiel minier, attire l'attention d'un nouvel investisseur autour du gisement de potasse de la Banio.

Un gisement qui aiguise les appétits

La province de la Nyanga, dans le sud-ouest du Gabon, n'en finit pas de révéler son potentiel. Après avoir attiré l'attention pour ses ressources minières diverses, elle voit désormais un acteur chinois s'intéresser au gisement de potasse de la Banio. La potasse est un minerai peu connu du grand public mais essentiel : c'est l'un des trois piliers des engrais utilisés pour nourrir les cultures, aux côtés de l'azote et du phosphate. Un marché mondial tendu, où la demande dépasse régulièrement l'offre.

Ce regain d'intérêt confirme une tendance de fond : les investisseurs étrangers regardent le Gabon au-delà du manganèse et du pétrole. La diversification minière, longtemps annoncée, prend ici un visage concret, même si les détails opérationnels du projet n'ont pas encore été rendus publics. Selon des sources concordantes, l'entreprise chinoise a exprimé son ambition sans que l'on connaisse encore l'ampleur des investissements envisagés ni le stade d'avancement des études de faisabilité.

Ce que cela pourrait changer pour la Nyanga

Si le projet se concrétise, ses retombées ne se limiteraient pas à une simple ligne budgétaire. L'exploitation d'un gisement de potasse suppose des infrastructures — routes, logistique portuaire, énergie — dont la province pourrait bénéficier au-delà du seul site minier. Elle suppose aussi des emplois locaux, une question centrale dans une région encore marquée par l'enclavement et un tissu économique fragile.

Mais la prudence reste de mise. L'histoire minière gabonaise a déjà connu des annonces d'intérêt qui n'ont pas toutes débouché sur une exploitation effective. Entre la manifestation d'ambition et le premier sac de potasse extrait, il y a souvent des années d'études géologiques, de négociations et de validations administratives.

Une carte minière qui se redessine

Pour l'État gabonais, engagé dans une stratégie de diversification économique au-delà des hydrocarbures, chaque nouvel investisseur intéressé par le sous-sol national est un signal à ne pas négliger. La Nyanga, longtemps perçue comme périphérique dans les priorités de développement, pourrait ainsi gagner en centralité si ce projet passe du stade des intentions à celui des actes. L'enjeu, désormais, sera de suivre dans quelle mesure cet intérêt chinois se traduit par des engagements précis — et vérifiables.

À lire aussi

Potasse de la Banio : une société chinoise affiche ses ambitions — Le Kiosque