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Port-Gentil : les impôts remontent le fil des activités économiques

Pendant six semaines, des équipes de la Direction provinciale des Impôts arpentent la commune pour recenser les opérateurs économiques et élargir l'assiette fiscale.

Une campagne de recensement et de fiscalisation des opérateurs économiques a été lancée mercredi à Port-Gentil, sous la conduite du directeur provincial des Impôts de l'Ogooué-Maritime, Francis Agnouga. Jusqu'au 29 août, plusieurs équipes vont sillonner les arrondissements de la capitale économique pour identifier les activités non déclarées et accompagner les commerçants vers la conformité.

Agent de l'administration fiscale échangeant avec un commerçant dans une rue commerçante de Port-Gentil
Une campagne de recensement des opérateurs économiques a démarré cette semaine à Port-Gentil.

Dans les rues de Port-Gentil, des agents des Impôts frappent désormais aux portes des boutiques, ateliers et petits commerces. L'opération, lancée ce mercredi, doit durer jusqu'au 29 août, un délai suffisamment long pour couvrir méthodiquement les différents arrondissements de la commune.

L'objectif affiché est double : identifier les activités économiques qui échappent encore au radar fiscal, et amener leurs responsables vers une régularisation progressive plutôt que vers la sanction immédiate. Le directeur provincial des Impôts, Francis Agnouga, a insisté sur la dimension pédagogique de la démarche, qui mêle sensibilisation, recensement, fiscalisation et recouvrement.

Une assiette fiscale encore trop étroite

À Port-Gentil comme ailleurs au Gabon, une partie de l'activité économique — commerces informels, prestataires occasionnels, petites entreprises non déclarées — demeure invisible pour l'administration fiscale. Élargir l'assiette fiscale signifie précisément ramener ces activités dans le champ de l'impôt, sans nécessairement en augmenter le taux pour ceux qui contribuent déjà.

Cette logique répond à un enjeu bien identifié : plus la base des contribuables est large, moins chacun supporte une charge disproportionnée. Pour une ville dont l'économie repose largement sur les activités pétrolières et leurs à-côtés — sous-traitance, services, commerce de proximité —, la diversification des recettes locales n'est pas un détail comptable.

Accompagner avant de sanctionner

Selon les informations recueillies sur place, les équipes déployées ne se limitent pas à un simple contrôle. Elles doivent aussi guider les opérateurs identifiés dans leurs démarches de mise en conformité, une étape souvent perçue comme le point de friction entre l'administration et les petits entrepreneurs.

Pour l'État, l'enjeu dépasse le seul recouvrement immédiat : il s'agit de construire, arrondissement après arrondissement, une relation de confiance avec des contribuables qui, faute d'information ou de moyens, restent souvent en marge du système. Le civisme fiscal se construit aussi par la pédagogie, pas seulement par la contrainte.

Ce que cela change concrètement

Pour les commerçants de Port-Gentil, cette campagne signifie très concrètement une visite possible, dans les semaines à venir, d'agents venus vérifier la situation de leur activité. Ceux qui se régularisent dans ce cadre évitent les pénalités plus lourdes qu'entraînerait un contrôle ultérieur non anticipé.

Pour la commune et, plus largement, pour les finances publiques provinciales, chaque activité recensée est une source potentielle de recettes nouvelles — des recettes qui, mobilisées localement, peuvent contribuer au financement des services publics de proximité. L'issue de cette campagne, dont les résultats chiffrés ne sont pas encore connus, donnera une première mesure de son efficacité d'ici la fin du mois d'août.

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