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Pollution marine au Gabon : deux ans de recherches enfin dévoilés

À Libreville, chercheurs et partenaires ont livré les premiers résultats d'une étude inédite sur l'état des côtes gabonaises.

Deux années de travaux scientifiques sur la pollution des écosystèmes côtiers et marins du Gabon ont été présentées mercredi à l'Institut français du Gabon. Portée par le Fonds Équipe France dans le cadre de la 3e Conférence des Nations Unies sur l'Océan, cette restitution éclaire un sujet longtemps resté dans l'ombre : l'état réel de nos littoraux et son impact sur la pêche et la santé des populations.

Littoral gabonais avec pirogues de pêche et végétation de mangrove
Les écosystèmes côtiers du Gabon, essentiels à la pêche artisanale, ont fait l'objet de deux ans de recherches sur la pollution marine.

Ce que révèlent les côtes gabonaises

Pendant deux ans, une équipe de chercheurs a passé au crible les écosystèmes côtiers et marins du Gabon. Leur mission : mesurer l'ampleur de la pollution qui affecte ces zones, comprendre ses effets sur les ressources halieutiques — c'est-à-dire les poissons, crevettes et autres richesses de la mer dont dépendent des milliers de familles de pêcheurs — et évaluer les conséquences sur la santé des populations riveraines.

Ces travaux s'inscrivent dans le Fonds Équipe France, un dispositif de coopération scientifique déployé à l'occasion de la 3e Conférence des Nations Unies sur l'Océan (UNOC 3). L'enjeu dépasse le cadre gabonais : partout dans le monde, les littoraux subissent la pression conjuguée des déchets plastiques, des hydrocarbures et du réchauffement climatique. Le Gabon, avec ses 800 kilomètres de côtes et son économie encore largement tournée vers la pêche artisanale, n'échappe pas à cette réalité.

Une science qui se construit aussi ici

Au-delà du diagnostic, le projet avait une seconde ambition : renforcer les capacités scientifiques nationales. Autrement dit, permettre aux chercheurs gabonais de maîtriser eux-mêmes les outils et méthodes d'analyse, plutôt que de dépendre d'expertises extérieures. La représentante de l'Institut de recherche pour le développement (IRD) pour l'Afrique centrale a pris part à la restitution, signe de l'implication continue des partenaires scientifiques internationaux dans cette montée en compétence locale.

Cette dimension de transfert de savoir-faire mérite d'être soulignée : elle conditionne la capacité du Gabon à surveiller durablement ses écosystèmes, sans attendre chaque fois l'appui d'équipes étrangères pour tirer la sonnette d'alarme.

Et maintenant, quelles suites ?

La restitution de Libreville marque une étape, pas un aboutissement. Les données recueillies devraient nourrir les politiques publiques de gestion du littoral, dans un contexte où le Gabon affiche des ambitions fortes en matière de préservation de son patrimoine maritime. Reste à savoir comment ces résultats seront traduits en mesures concrètes pour les communautés de pêcheurs et les zones côtières les plus exposées — c'est là que se jugera, dans les mois qui viennent, l'utilité réelle de ce travail scientifique.

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