Oligui Nguema fixe à la BAD un cap: l'eau, l'électricité, l'agriculture
Reçu au palais, le président de la Banque africaine de développement a entendu une commande claire: moins de lenteurs, plus de résultats concrets pour les Gabonais.
Le Chef de l'État a reçu en audience le Docteur Sidi Ould Tah, président de la Banque africaine de développement, accompagné du représentant résident de l'institution au Gabon. Au menu des échanges: l'état du portefeuille de la BAD dans le pays et surtout une exigence désormais assumée par Libreville, transformer les financements en effets tangibles sur l'accès à l'eau, à l'électricité et sur le développement agricole.

Il y a les rendez-vous protocolaires, et il y a ceux qui posent une méthode. Celui-ci appartient à la seconde catégorie. En recevant le Docteur Sidi Ould Tah, le Président de la République n'a pas seulement salué un partenaire historique du Gabon: il lui a fixé une feuille de route.
Un portefeuille passé au crible
L'audience a d'abord permis de dresser un état des lieux du portefeuille que la BAD finance au Gabon. Un exercice classique, mais qui prend ici un relief particulier: le Chef de l'État a profité de ce passage en revue pour insister sur un point précis, les financements doivent produire des effets visibles dans le quotidien des Gabonais, et non se diluer dans des cycles de projets aux résultats trop lents ou trop diffus.
Cette orientation n'est pas nouvelle dans le discours présidentiel, mais elle prend ici la forme d'une commande directe adressée à l'un des principaux bailleurs du pays. Trois secteurs ont été cités comme priorités immédiates: l'accès à l'eau, l'accès à l'électricité et le développement de l'agriculture, avec une attention particulière portée à la filière avicole.
Pourquoi ces trois priorités
Le choix n'a rien d'arbitraire. Eau et électricité restent, pour une partie de la population gabonaise, des services encore inégalement distribués selon les provinces et les quartiers, malgré des investissements déjà engagés ces dernières années. Quant à l'agriculture, elle demeure un levier jugé stratégique pour réduire la dépendance du pays aux importations alimentaires, la volaille en particulier.
En resserrant le dialogue avec la BAD sur ces trois axes, le Chef de l'État envoie un signal simple: les partenariats financiers doivent désormais se mesurer à l'aune de leur impact concret, robinet qui coule, ampoule qui s'allume, poulailler qui produit, plutôt qu'à celle des montants engagés.
Ce que cela change concrètement
Pour les Gabonais, cette inflexion se traduira, si elle est suivie d'effets, par une accélération attendue des chantiers d'adduction d'eau et de raccordement électrique dans les zones encore mal desservies, ainsi que par un appui renforcé aux filières agricoles locales. Le représentant résident de la BAD au Gabon, Nouredine Kane Dia, présent lors de l'entretien, incarne la continuité de ce suivi sur le terrain.
La BAD, institution financière panafricaine qui accompagne le développement des États membres par des prêts et des appuis techniques, reste un partenaire de long terme du Gabon. Ce que cette audience acte, c'est un changement de tempo dans cette relation: place aux résultats mesurables, et à un calendrier resserré pour les obtenir.
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