Nyanga : le Gabon veut se doter d'une première usine de marbre
Une province jusqu'ici discrète sur la carte industrielle pourrait accueillir la toute première unité de transformation du marbre du pays.
Le Gabon a longtemps vendu ses ressources brutes avant de les voir revenir transformées, et donc plus chères, depuis l'étranger. Un projet annoncé dans la province de la Nyanga entend inverser la logique pour le marbre, une roche jusqu'ici peu valorisée localement. L'information, encore fraîche, mérite d'être suivie avec l'attention qu'appelle tout projet industriel à ses débuts.

Une ressource qui dormait sous les radars
On parle beaucoup, au Gabon, du bois, du manganèse ou plus récemment du fer de Belinga. Le marbre, lui, reste discret dans le débat public sur les richesses du sous-sol national. C'est justement cette discrétion qui rend l'annonce d'une première usine de transformation intéressante : elle révèle un gisement dont l'exploitation, jusqu'ici, semblait rester à l'état de potentiel plutôt que de projet concret.
La province concernée est celle de la Nyanga, dans le sud-ouest du pays, une région dont l'économie repose aujourd'hui largement sur l'agriculture et, dans une moindre mesure, l'exploitation forestière. L'arrivée d'une activité industrielle liée à la roche marbrière y serait, si elle se confirme, une première.
La transformation locale, un mot d'ordre devenu stratégie
Cette annonce s'inscrit dans un mouvement plus large que connaît le Gabon depuis plusieurs années : la volonté de transformer sur place ce que le pays extrait de son sol, plutôt que de l'exporter brut pour le racheter, plus cher, une fois façonné ailleurs. Le bois en a été l'exemple le plus visible, avec l'interdiction d'exporter les grumes non transformées, qui a fait naître des scieries et des unités de seconde transformation sur le territoire national.
Appliquée au marbre, cette logique suivrait le même raisonnement : garder la valeur ajoutée chez soi, créer des emplois autour de la découpe, du polissage et de la finition de la pierre, plutôt que de laisser ces étapes se dérouler à des milliers de kilomètres.
Ce qu'une telle usine pourrait changer, concrètement
Si le projet se réalise, ses retombées les plus attendues seraient locales avant d'être nationales : des emplois directs dans la province, une activité économique nouvelle pour des communes qui en ont besoin, et potentiellement des débouchés dans le bâtiment et la décoration, secteurs qui importent aujourd'hui l'essentiel du marbre travaillé consommé au Gabon.
À plus grande échelle, chaque filière de transformation locale qui se met en place contribue à un objectif affiché par les autorités depuis plusieurs années : réduire la dépendance du pays aux importations et diversifier une économie encore marquée par le poids du pétrole.
Un projet à suivre, avec prudence
L'information reste, à ce stade, celle d'un projet « en voie de mise en place », et non d'une usine déjà opérationnelle. Aucune précision n'a pour l'instant circulé sur le calendrier de réalisation, le montant de l'investissement, l'identité de l'opérateur ou la capacité de production envisagée. Ces éléments, essentiels pour juger de l'ampleur réelle du projet, devront être confirmés dans les prochaines semaines.
Ce n'est pas une raison pour bouder la nouvelle : elle dessine, à sa mesure, l'un des chantiers discrets de la diversification économique gabonaise. Mais elle appelle, comme tout projet encore au stade des intentions, à distinguer l'annonce de sa concrétisation. Le Kiosque suivra ce dossier et reviendra vers ses lecteurs dès que des précisions supplémentaires seront disponibles.
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