lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Mort d'une fillette à Mouila : l'affaire renvoyée devant la Cour criminelle

Le tribunal correctionnel de Mouila a estimé que les faits méritaient une qualification plus grave.

Le tribunal de première instance de Mouila s'est dessaisi du dossier lié à la mort d'une fillette de 8 ans, survenue le 31 mai dernier. L'affaire est renvoyée devant la Cour criminelle, une juridiction compétente pour les infractions les plus graves. Le prévenu reste, à ce stade, présumé innocent.

Bâtiment du tribunal de Mouila, dans la province de la Ngounié, au Gabon
Le tribunal de première instance de Mouila, dans la Ngounié, s'est dessaisi du dossier au profit de la Cour criminelle.

Un dossier requalifié

L'affaire remonte au 31 mai 2026, date du décès d'une fillette prénommée Moussavou Moanda, âgée de 8 ans, à Mouila, chef-lieu de la province de la Ngounié. Un homme de 54 ans, gérant d'une librairie dans la ville, avait été poursuivi pour homicide involontaire devant le tribunal correctionnel.

Selon des sources concordantes, les magistrats ont jugé, à l'audience, que les circonstances de ce drame étaient susceptibles de recevoir une qualification criminelle. En clair : les juges du correctionnel ont estimé que l'affaire dépassait leur compétence et qu'elle devait être examinée par une juridiction habilitée à statuer sur les faits les plus graves, ceux passibles de peines de réclusion.

Ce que change ce renvoi

Cette décision ne préjuge en rien de la culpabilité du prévenu. Elle signifie seulement que le dossier a été jugé trop lourd pour être tranché par un tribunal correctionnel, dont les pouvoirs de sanction sont plus limités. La Cour criminelle, qui siège de façon périodique dans les grandes villes du pays, est la juridiction chargée de juger les crimes, avec un dispositif procédural plus complet : instruction approfondie, débats plus longs, et présence obligatoire d'un jury populaire aux côtés des magistrats professionnels.

Pour les habitants de Mouila, ce renvoi traduit d'abord la volonté de la justice de ne pas minorer la gravité d'un fait ayant coûté la vie à une enfant. Il illustre aussi le fonctionnement ordinaire de l'institution judiciaire gabonaise : un tribunal peut, à tout moment de la procédure, se dessaisir d'un dossier lorsqu'il estime que la qualification retenue au départ ne correspond plus à la réalité des faits révélés par l'instruction ou les débats.

Prochaines étapes

Aucune date n'a été communiquée pour la tenue de la session criminelle qui examinera ce dossier. Les sessions de la Cour criminelle ne se déroulent pas en continu : elles sont programmées selon le calendrier judiciaire de chaque province, ce qui peut allonger les délais avant l'audience de fond.

Le prévenu, en attendant cette échéance, demeure sous le régime procédural fixé par la juridiction. La famille de la fillette, comme l'ensemble des parties, pourra faire valoir ses droits devant la Cour criminelle, où l'affaire sera examinée dans son intégralité, faits et responsabilités compris.

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