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Économie

Mines : Libreville vise 20 % du PIB, un pari sur le sous-sol

Le gouvernement veut faire du secteur minier un pilier de l'économie, à mesure que de nouveaux gisements entrent en exploitation.

Le ministre des Mines et des Ressources géologiques, Sosthène Nguema Nguema, a dévoilé une ambition claire pour le secteur minier gabonais : atteindre 20 % du PIB national et générer des milliers d'emplois. Une trajectoire portée par l'entrée en phase industrielle de plusieurs gisements, dans un pays historiquement bâti sur le pétrole et le manganèse.

Site minier au Gabon avec infrastructures d'extraction et de transport de minerai
Le secteur minier gabonais, porté notamment par le manganèse, ambitionne de peser bien plus lourd dans l'économie nationale.

Un cap fixé, une ambition affichée

Invité récemment sur une chaîne de télévision nationale, le ministre des Mines a exposé les grandes lignes d'une stratégie censée transformer le poids économique du secteur minier gabonais. L'objectif : porter sa contribution à 20 % du produit intérieur brut, contre une part aujourd'hui plus modeste, essentiellement portée par le manganèse.

Cette annonce intervient à un moment charnière. Plusieurs gisements, jusqu'ici en phase d'exploration ou de développement, s'apprêtent à basculer vers une exploitation industrielle. C'est ce calendrier de mise en production qui sert de socle aux ambitions gouvernementales, plus que de simples déclarations d'intention.

Ce que ça changerait concrètement

Derrière le chiffre de 20 %, il y a une promesse très concrète pour les Gabonais : la création de milliers d'emplois, dans un pays où la diversification économique reste un défi répété depuis des années. Le secteur minier, au-delà du manganèse déjà exporté depuis Moanda, pourrait ainsi irriguer davantage de bassins d'activité, de la sous-traitance locale à la logistique portuaire.

Pour un pays dont l'économie reste dépendante des hydrocarbures et du manganèse, élargir la base minière signifierait aussi plus de recettes fiscales, plus de redevances, et potentiellement un effet d'entraînement sur les régions productrices, souvent éloignées de Libreville et en attente de retombées visibles.

Une trajectoire à confirmer dans les faits

Cette annonce, pour l'instant, repose sur une seule intervention publique du ministre, et ne s'accompagne pas encore d'un calendrier détaillé ni de chiffres intermédiaires permettant de mesurer la progression vers cet objectif. La prudence s'impose donc sur le rythme et les modalités précises de cette montée en puissance.

Reste que le signal envoyé est cohérent avec une dynamique déjà à l'œuvre : le Gabon a multiplié, ces dernières années, les annonces de nouveaux permis et de projets d'exploitation, du fer de Belinga aux gisements aurifères en cours d'évaluation. La vraie mesure du succès se fera dans les statistiques économiques des prochaines années, lorsque les premières tonnes extraites des nouveaux sites viendront, ou non, confirmer cette ambition affichée depuis les plateaux de télévision.

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