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Marchés financiers : trois régulateurs africains scellent une alliance inédite

La COSUMAF, la CIMA et l'Autorité des marchés financiers de l'UMOA ont signé une convention tripartite pour mieux surveiller ensemble les marchés financiers et d'assurance de la région.

Trois gendarmes de la finance régionale viennent de sceller un pacte de coopération. La Commission de surveillance du marché financier de l'Afrique centrale, la Conférence interafricaine des marchés d'assurances et l'Autorité des marchés financiers de l'Union monétaire ouest-africaine ont signé une convention tripartite. Un texte technique, mais dont l'ambition dépasse largement les frontières du Gabon : bâtir un filet de sécurité commun face à des marchés financiers de plus en plus interconnectés.

Bâtiment institutionnel de régulation financière à Libreville, Gabon
La COSUMAF, régulateur du marché financier de la zone CEMAC, a son siège à Libreville.

Le nom fait sourire par sa longueur — COSUMAF, CIMA, AMF UMOA — mais l'enjeu, lui, est loin d'être anecdotique. Ces trois institutions sont les gardiennes de la confiance dans l'épargne, l'assurance et l'investissement pour des dizaines de millions d'Africains, de Libreville à Dakar en passant par Yaoundé.

Trois régulateurs, un même combat

La COSUMAF veille sur le marché financier de la zone CEMAC, dont le Gabon fait partie. La CIMA encadre les compagnies d'assurance dans quatorze pays d'Afrique centrale et de l'Ouest. Quant à l'AMF UMOA, elle joue le même rôle de contrôleur pour le marché financier régional de l'espace ouest-africain.

Jusqu'ici, ces trois gendarmes financiers agissaient chacun dans son périmètre. Avec cette convention tripartite, ils affichent une volonté claire : coordonner leurs actions plutôt que de travailler en silos. Concrètement, cela devrait faciliter l'échange d'informations entre superviseurs, la détection plus rapide des irrégularités et une réponse commune face aux risques qui, eux, ne connaissent pas de frontières.

Pourquoi cela change la donne pour l'épargnant gabonais

On pourrait croire ce sujet réservé aux salles de marché et aux costumes-cravates. Il touche pourtant directement ceux qui placent leur argent, souscrivent une assurance ou investissent dans une entreprise cotée. Une meilleure coopération entre régulateurs signifie, en théorie, moins de failles à exploiter pour les acteurs malhonnêtes, et davantage de garanties pour l'épargnant ou l'assuré gabonais qui fait confiance à une institution financière.

Les marchés financiers africains, encore jeunes comparés à ceux d'Europe ou d'Asie, souffrent souvent d'un déficit de confiance et de liquidité. Renforcer la solidité des institutions qui les surveillent est l'une des conditions pour attirer davantage d'épargne locale et d'investisseurs étrangers vers des projets utiles à l'économie réelle — infrastructures, entreprises, logement.

Une pièce d'un puzzle plus large

Cette signature s'inscrit dans une tendance de fond : celle d'une intégration financière régionale qui progresse par petites touches, convention après convention, plutôt que par grands chocs. Les modalités précises de mise en œuvre — calendrier, mécanismes d'échange, obligations respectives des trois autorités — n'ont pas été détaillées publiquement à ce stade, et il conviendra de suivre les prochaines communications pour en mesurer la portée exacte.

Ce qui est certain, c'est que le Gabon, via la COSUMAF dont il abrite le siège à Libreville, se trouve au cœur de ce dispositif. Une position qui confirme le rôle de la capitale gabonaise comme place de régulation financière pour l'Afrique centrale.

Ce qu'il faut retenir

Au-delà du jargon institutionnel, ce rapprochement entre COSUMAF, CIMA et AMF UMOA traduit une prise de conscience partagée : la stabilité financière régionale se construit en commun. Pour les épargnants, assurés et investisseurs gabonais, c'est la promesse — encore à concrétiser dans les faits — d'un marché mieux surveillé et, à terme, plus digne de confiance.

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