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Manganèse : un protocole avec Eramet salué comme une avancée industrielle

Une élue de la majorité voit dans l'accord signé lors de la visite d'État en France un pas vers la transformation locale du minerai.

La visite d'État du président Brice Clotaire Oligui Nguema en France continue de faire parler d'elle, en particulier le protocole d'accord conclu avec le groupe minier Eramet. Une députée de la 5e législature y voit une étape vers plus de transformation locale et de valeur ajoutée sur le manganèse gabonais. Une lecture qui mérite d'être posée avec prudence, en l'attente d'autres analyses et de précisions sur sa mise en œuvre.

Site minier de manganèse au Gabon avec engins et stocks de minerai
Le manganèse gabonais, exporté en grande partie brut, est au cœur d'un protocole d'accord signé avec le groupe Eramet.

Une visite scrutée à l'aune de ses résultats

Les déplacements présidentiels à l'étranger se jugent rarement sur le protocole, mais sur ce qu'ils rapportent concrètement au pays. Celui effectué en France par le président Oligui Nguema n'échappe pas à la règle : c'est le protocole d'accord signé avec le groupe minier Eramet qui concentre l'attention, bien plus que les images officielles.

Dans une interview, la députée Justine Judith Lekogo a livré une lecture favorable de ce texte. Selon elle, l'accord place la transformation locale, la création de valeur ajoutée et l'industrialisation au centre de la relation minière entre le Gabon et Eramet, l'un des principaux opérateurs du secteur du manganèse dans le pays.

Le manganèse, ressource stratégique en quête de transformation

Le Gabon figure parmi les plus gros producteurs mondiaux de manganèse, mais l'essentiel du minerai extrait part encore brut vers les usines étrangères. C'est précisément ce schéma que l'élue estime pouvoir changer : transformer davantage sur place, c'est capter plus de richesse et d'emplois qu'en se contentant d'exporter la matière première.

Cette lecture reste, à ce stade, celle d'une seule voix politique, rapportée par une source unique. Aucun autre élément public ne permet pour l'instant de détailler le contenu précis du protocole, ses échéances ou les engagements chiffrés qu'il comporterait de part et d'autre. Ces précisions, si elles venaient à être communiquées par les autorités ou par Eramet, permettraient de mesurer la portée réelle de l'accord au-delà de l'intention affichée.

Ce qu'il faudra vérifier

Pour les Gabonais, la question n'est pas la visite en elle-même mais ses suites : combien d'usines de transformation supplémentaires, combien d'emplois créés, à quel horizon. L'histoire minière du pays a déjà connu des annonces d'industrialisation qui ont mis du temps à se concrétiser sur le terrain, à Moanda comme ailleurs.

Le protocole avec Eramet devra donc être suivi dans la durée, à travers ses réalisations concrètes plutôt qu'à travers les commentaires qu'il suscite. C'est cette vigilance, plus que l'enthousiasme d'une déclaration, qui dira si cette visite d'État aura été un tournant ou un simple épisode diplomatique de plus.

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