lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
Économie

Manganèse : Gabon et Eramet signent un accord-cadre sur la transformation locale

À Paris, le président Oligui Nguema et le groupe minier ont posé les bases d'un partenariat destiné à transformer davantage de minerai gabonais sur place.

En marge d'une visite officielle à Paris, le Gabon et le groupe Eramet ont acté un accord-cadre présenté comme une étape historique pour la transformation locale des ressources minières. Le texte, signé après plusieurs mois de discussions, doit encore se traduire en engagements précis et chiffrés.

Installations minières et convois de manganèse sur le site de Moanda au Gabon
Gouvernement gabonais

Un accord scellé loin de Moanda

C'est à Paris, et non à Libreville ou à Moanda, que s'est jouée cette scène. Lors d'une visite qualifiée de stratégique par les autorités gabonaises, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a assisté à la signature d'un accord-cadre entre l'État gabonais et le groupe minier français Eramet. Le symbole compte autant que le texte : depuis des décennies, Eramet exploite au Gabon, via sa filiale Comilog, l'un des plus importants gisements de manganèse au monde, situé à Moanda, dans le Haut-Ogooué.

Ce minerai, essentiel à la fabrication de l'acier et de plus en plus recherché pour les batteries électriques, a longtemps quitté le pays à l'état brut. C'est précisément ce schéma que l'accord-cadre entend commencer à corriger, en misant sur davantage de transformation locale avant exportation.

Ce que promet le texte, ce qu'il reste à préciser

Selon les informations rendues publiques, la signature vient couronner plusieurs mois de discussions entre les équipes gabonaises et celles du groupe minier. Elle est présentée côté gouvernemental comme un jalon majeur de la politique de valorisation des ressources naturelles portée par Libreville.

Les contours opérationnels de l'accord, eux, restent à ce stade peu détaillés dans la communication officielle disponible : nature exacte des investissements, calendrier de mise en œuvre, sites concernés ou volumes visés n'ont pas encore été précisés publiquement. Cette prudence s'impose d'autant plus que l'information provient à ce jour d'une seule source institutionnelle ; les modalités concrètes devront être confirmées dans les prochaines semaines, à mesure que le texte sera décliné en projets identifiables.

L'enjeu, au-delà de la cérémonie

Pour le Gabon, la question de la transformation locale n'est pas nouvelle : elle traverse tous les grands contrats miniers depuis une décennie, portée par l'idée qu'un pays producteur doit capter davantage de valeur ajoutée sur son propre sol, en emplois comme en recettes fiscales. Chaque tonne de manganèse enrichie ou transformée avant embarquement, plutôt qu'exportée brute, représente potentiellement plus de fiscalité, plus d'emplois industriels et moins de dépendance aux cours mondiaux des matières premières non traitées.

Reste que la portée réelle de cet accord-cadre se mesurera à ses suites : signature de conventions d'application, calendrier d'investissement, éventuelles créations d'unités de traitement à Moanda ou ailleurs dans le Haut-Ogooué. Les prochaines communications officielles, gabonaises comme celles du groupe minier, permettront de vérifier si la promesse parisienne se transforme en chantier concret sur le terrain.

À lire aussi