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Manganèse, énergie, défense : ce que Paris et Libreville se sont promis

Une visite d'État de trois jours en France redessine les contours de la coopération franco-gabonaise, avec en ligne de mire l'horizon 2031-2032.

Le président Brice Oligui Nguema a passé trois jours en France dans le cadre d'une visite d'État à forte portée économique. Manganèse, énergie et défense figurent au menu des discussions, avec une échéance qui interroge : celle de 2031 pour la transformation locale du minerai, curieusement proche d'une autre date, celle de 2032.

Rencontre officielle entre le président gabonais et les autorités françaises à Paris
La visite d'État en France a porté sur les dossiers manganèse, énergie et défense.

Trois jours, trois dossiers lourds, et une capitale française qui a déroulé le tapis rouge pour une visite d'État. Le déplacement de Brice Oligui Nguema en France n'avait rien d'un simple exercice protocolaire : il s'agissait, selon les informations recueillies, de redéfinir les termes d'un partenariat qui touche au cœur de l'économie gabonaise.

Le manganèse, nerf de la négociation

Au centre des échanges, la question de la transformation du manganèse gabonais sur place, plutôt que son exportation à l'état brut. Une ambition ancienne, mais dont l'échéance annoncée à l'horizon 2031 a suscité des interrogations. Ce calendrier, présenté par certains comme un simple choix industriel, est aussi lu par d'autres comme un choix éminemment politique, tant la date précède de peu 2032, année qui marquera un nouveau cycle électoral au Gabon.

Cette lecture reste une hypothèse d'analyse, non un fait établi : aucune source n'a confirmé de lien direct entre le calendrier industriel et l'agenda politique. Ce qui est certain, en revanche, c'est que la transformation locale du manganèse représente un enjeu majeur pour l'économie gabonaise, qui reste largement tributaire de l'exportation de matières premières brutes. Transformer sur place, c'est créer de la valeur ajoutée, des emplois qualifiés, et réduire la dépendance aux cours mondiaux fixés ailleurs.

Énergie et défense, les deux autres piliers

Au-delà du manganèse, les discussions ont porté sur la coopération énergétique et la coopération de défense entre les deux pays. Ces volets, moins spectaculaires dans leur formulation, n'en sont pas moins structurants pour l'avenir des relations bilatérales. Le Gabon, confronté à des besoins énergétiques croissants et à des enjeux sécuritaires régionaux, cherche dans ce partenariat des leviers concrets de développement et de stabilité.

La relation franco-gabonaise, longtemps marquée par une proximité historique parfois pesante, semble ici vouloir se réinventer sous une forme plus contractuelle, plus économique. Reste à savoir si les engagements pris lors de cette visite se traduiront par des résultats mesurables : investissements effectifs, transferts de compétences, calendrier tenu pour l'usine de transformation.

Ce qui doit maintenant se vérifier

Pour les Gabonais, l'enjeu dépasse la diplomatie de façade. Une transformation réelle du manganèse sur le territoire national signifierait des emplois industriels, une fiscalité minière renforcée et une économie moins dépendante des cours des matières premières exportées brutes. C'est sur ces résultats concrets, et non sur les seules annonces, que se jugera la portée de cette visite d'État.

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