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Manfoumbi appelle l'État gabonais à se doter d'une doctrine

L'ancien directeur général du budget plaide pour une planification rigoureuse plutôt que des réformes de façade.

Dans une tribune publiée sur les réseaux sociaux, l'ancien ministre Yves Fernand Manfoumbi met en garde contre une refondation qui se limiterait à des ajustements superficiels. Pour ce technocrate rompu aux arcanes budgétaires, le Gabon a besoin d'une véritable doctrine d'État, où planification et évaluation deviennent la colonne vertébrale de l'action publique.

Bâtiment administratif gabonais évoquant les institutions publiques
La refondation de l'État gabonais fait l'objet de plaidoyers multiples, dont celui d'un ancien directeur du budget.

Un diagnostic sans détour

Yves Fernand Manfoumbi connaît les rouages de l'État de l'intérieur. Ancien directeur général du budget, ancien ministre, il a passé des années à arbitrer entre les priorités et les moyens disponibles. C'est de cette expérience qu'il tire, dans une tribune publiée le 15 juillet 2026, un constat sans concession : la refondation engagée au Gabon ne peut se réduire à des retouches cosmétiques.

Selon lui, le pays a besoin d'un virage conceptuel radical. Il ne s'agit pas de changer quelques textes ou quelques organigrammes, mais de repenser la manière même dont l'État conçoit, exécute et corrige ses politiques publiques.

La planification comme colonne vertébrale

Au cœur de son plaidoyer, une idée simple mais exigeante : sans planification rigoureuse, aucune réforme ne tient dans le temps. Manfoumbi insiste sur la nécessité d'inscrire l'action de l'État dans une logique de continuité, où chaque décision s'appuie sur des objectifs mesurables et un calendrier tenable.

L'évaluation, second pilier de sa doctrine, viendrait boucler ce cycle. Pour l'ancien haut fonctionnaire, un État qui ne mesure pas les résultats de ses propres politiques navigue à vue. Cette exigence rejoint un débat récurrent au Gabon : celui du suivi effectif des projets annoncés, souvent plus commenté pour son lancement que pour son aboutissement.

Ce que cela changerait concrètement

Si cette doctrine venait à s'imposer dans les pratiques administratives, l'enjeu ne serait pas seulement théorique. Une planification affinée signifierait des budgets mieux ciblés, des infrastructures livrées dans les délais annoncés, et une administration capable de justifier, chiffres à l'appui, l'usage des ressources publiques.

Pour le citoyen gabonais, c'est la promesse — encore à concrétiser — d'un État qui rend davantage de comptes sur ses engagements. Manfoumbi ne prescrit pas de calendrier ni de mesures précises dans sa tribune ; il pose un cadre de pensée, une exigence de méthode plus qu'un programme.

Un appel, pas encore une réponse officielle

Cette tribune s'inscrit dans un contexte où la refondation institutionnelle du pays fait l'objet de nombreuses prises de parole, venant d'anciens responsables comme de nouveaux acteurs publics. Elle n'engage pour l'heure que son auteur, et aucune réaction officielle n'a été rapportée à ce jour.

Reste que le débat qu'elle ouvre — celui d'une administration plus méthodique, plus évaluée, plus redevable — touche à une question que beaucoup de Gabonais posent depuis longtemps : comment transformer les bonnes intentions en résultats durables.

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