lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
International

Le Tchad ouvre ses frontières aux Africains dès 2027

N'Djaména promet de supprimer le visa pour tous les ressortissants du continent, un geste qui interroge sur la circulation réelle des Africains chez eux.

Le président tchadien Mahamat Idriss Déby Itno a annoncé, lors de l'ouverture du Forum africain de l'eau à N'Djaména, la suppression de l'obligation de visa pour tous les ressortissants africains à compter du 1er janvier 2027. Une promesse qui, si elle se concrétise, ferait du Tchad l'un des pays les plus ouverts du continent.

Salle de conférence internationale avec drapeaux africains lors d'un forum diplomatique
Le Forum africain de l'eau, à N'Djaména, a servi de cadre à l'annonce présidentielle tchadienne.

L'annonce est tombée mercredi, en marge d'un forum consacré à une ressource autrement plus rare que les visas : l'eau. Devant les délégations venues débattre de gestion hydrique en Afrique centrale, le chef de l'État tchadien a choisi ce cadre pour lancer une mesure d'ouverture qui dépasse largement le cadre diplomatique habituel : à partir du 1er janvier 2027, tout ressortissant africain pourra entrer au Tchad sans visa.

Une promesse à l'échelle du continent

Selon les informations recueillies, la mesure ne connaîtrait aucune exception géographique : elle s'appliquerait à l'ensemble des 54 autres pays africains, sans distinction de sous-région ni de réciprocité préalable exigée. C'est un pari politique autant qu'un geste symbolique, à l'heure où l'Union africaine peine encore à faire de la libre circulation des personnes une réalité tangible sur le continent, malgré des protocoles signés depuis des années.

Le choix du Forum africain de l'eau, coorganisé par le gouvernement tchadien, n'est pas anodin. En associant une question aussi concrète que l'accès à l'eau à une politique migratoire ambitieuse, N'Djaména cherche visiblement à se positionner comme un carrefour diplomatique et économique en Afrique centrale, région trop souvent perçue à travers le seul prisme de l'instabilité.

Et pour le Gabon ?

Si elle se confirme dans son ampleur annoncée, cette suppression de visa concernerait directement les voyageurs gabonais, qu'ils soient hommes d'affaires, étudiants ou simples curieux désireux de découvrir le Sahel tchadien. Aucun accord bilatéral spécifique n'aurait alors à être négocié entre Libreville et N'Djaména, la mesure s'appliquant de façon uniforme à tous les pays du continent.

Reste que l'annonce, faite à cette date, laisse un délai de plus de dix-huit mois avant son entrée en vigueur — un temps suffisant pour que le projet soit précisé, éventuellement amendé, ou tout simplement mis en œuvre dans le détail administratif qui accompagne toujours ce genre de décision. À ce stade, aucun texte réglementaire officiel n'a été rendu public pour en fixer les modalités précises.

Une tendance continentale à confirmer

Le Tchad ne serait pas le premier pays africain à s'engager dans cette voie : plusieurs États, du Rwanda au Ghana, ont déjà expérimenté des politiques d'ouverture partielle ou totale aux voyageurs africains, avec des résultats variables sur le tourisme et les échanges économiques. L'intérêt de la promesse tchadienne tiendra à sa mise en œuvre effective plus qu'à son annonce.

Pour l'heure, l'information repose sur une seule annonce présidentielle, relayée sans détail technique complémentaire. Il conviendra d'observer, dans les prochains mois, si un décret ou une loi vient traduire cette intention en dispositif juridique concret — car entre la parole donnée à la tribune d'un forum et son application aux postes-frontières, l'histoire diplomatique africaine a déjà connu quelques décalages.

À lire aussi