lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
International

Justice régionale : Libreville referme un chapitre attendu par toute l'Afrique centrale

Deux jours de travaux à Libreville ont permis d'arrêter un rapport qui doit désormais remonter jusqu'aux chefs d'État de la CEEAC.

À Libreville, la Vème session ordinaire du Comité technique spécialisé Justice et affaires juridiques de la CEEAC s'est achevée le 7 juillet sur la validation d'un rapport dense, qui touche aussi bien à la sécurité maritime qu'à la gouvernance des frontières ou à l'électricité régionale. Une étape technique, mais loin d'être anodine : ce texte doit désormais être soumis aux chefs d'État et de gouvernement de la Communauté.

Bâtiment du siège de la CEEAC à Libreville avec drapeaux des pays membres
Le siège de la CEEAC à Libreville a accueilli la Vème session du Comité technique spécialisé Justice et affaires juridiques.

Deux jours pour trancher six dossiers

Les ministres et experts de la Communauté économique des États de l'Afrique centrale ont travaillé deux jours durant, au siège librevillois de l'organisation, avant de parvenir à un accord sur six décisions issues du rapport des experts. Ce n'est pas rien : ces textes engagent, à des degrés divers, l'ensemble des onze États membres de la CEEAC.

Parmi les dossiers examinés et amendés figurent l'organisation du Centre régional de sécurité maritime d'Afrique centrale, un protocole sur la stratégie régionale de gouvernance intégrée des frontières, ainsi qu'une politique humanitaire commune. À cela s'ajoutent le règlement intérieur de la commission régionale de régulation de l'électricité, un texte sur l'organisation sanitaire régionale, et les règles de fonctionnement du centre multinational de coordination des zones A et D — un dispositif de sécurité maritime qui concerne directement le golfe de Guinée, zone sensible pour le trafic commercial et la pêche.

Ce que cela signifie concrètement

Ces intitulés techniques cachent des enjeux très concrets pour les populations de la sous-région. La sécurité maritime, par exemple, touche directement à la lutte contre la piraterie et les trafics dans le golfe de Guinée, une zone où transitent une bonne partie des exportations pétrolières et halieutiques du Gabon. Une meilleure coordination régionale peut se traduire par plus de sécurité pour les marins et pêcheurs, et par des routes commerciales plus sûres.

La gouvernance des frontières, elle, renvoie à la libre circulation des personnes et des biens — un sujet qui parle directement à tout Gabonais ayant déjà traversé un poste-frontière vers le Cameroun ou le Congo. Quant à la régulation régionale de l'électricité, elle ouvre la voie, à terme, à des échanges énergétiques transfrontaliers qui pourraient renforcer la fiabilité de l'approvisionnement dans plusieurs pays de la zone.

Le rapport, désormais entre les mains des chefs d'État

La cérémonie de clôture, tenue en fin de journée le 7 juillet, a été marquée par la finalisation du rapport du Conseil des Ministres de la Justice de la CEEAC. Ce document annonce l'organisation prochaine d'une conférence des chefs d'État et de gouvernement — l'instance suprême de la Communauté, seule habilitée à valider définitivement ces orientations.

Dans son allocution de clôture, le ministre gabonais de la Justice, Garde des Sceaux et chargé des Droits humains, Augustin Émane, s'est dit satisfait, au nom du gouvernement gabonais, de la bonne tenue des assises. Il a salué un moment de concertation et de dialogue entre les délégations présentes à Libreville.

Un rôle discret mais réel pour le Gabon

Accueillir ce genre de session n'est jamais neutre pour un pays hôte. Libreville confirme ainsi sa place dans les rouages diplomatiques et juridiques de la CEEAC, à un moment où la Communauté cherche à harmoniser ses politiques face à des défis communs — sécurité maritime, gestion des frontières, énergie.

Reste à voir quand se tiendra la conférence des chefs d'État annoncée par le rapport, et quelles décisions y seront effectivement adoptées. C'est à ce niveau, et à ce niveau seulement, que ces textes techniques se transformeront en engagements contraignants pour les onze États membres, Gabon compris.

À lire aussi