Île Mbanié : Oligui Nguema mise sur la voie du dialogue
À Libreville, le Chef de l'État a reçu l'envoyé spécial de l'Union africaine pour faire avancer le règlement pacifique du différend avec la Guinée équatoriale.
Le Président Brice Clotaire Oligui Nguema a réaffirmé son attachement à une solution négociée du contentieux frontalier autour de l'île Mbanié. L'audience accordée à l'envoyé spécial de la Commission de l'Union africaine témoigne d'une méthode : privilégier la table des discussions plutôt que la crispation. Retour sur un dossier ancien qui trouve aujourd'hui un cadre apaisé.

Une audience au sommet, un signal clair
Au Palais de la Présidence, à Libreville, le Chef de l'État a reçu l'envoyé spécial du président de la Commission de l'Union africaine, S.E. Albert Shingiro, accompagné d'une délégation. La mission de ces émissaires est précise : assurer le suivi du différend frontalier qui oppose le Gabon et la Guinée équatoriale au sujet de l'île Mbanié, dans le golfe de Corisco.
Cette rencontre n'a rien d'anecdotique. Elle inscrit la démarche gabonaise dans un cadre continental, celui d'une facilitation portée par l'Union africaine pour accompagner les deux États vers un règlement pacifique et concerté. Le message envoyé est celui d'un pays qui choisit la méthode du dialogue.
Mbanié, un caillou aux enjeux considérables
L'île Mbanié est un minuscule territoire du golfe de Corisco, à la lisière maritime des deux pays. Sa taille est dérisoire, mais sa portée est stratégique : la délimitation des frontières maritimes conditionne l'accès à des espaces potentiellement riches en ressources et à la sécurité des zones économiques de chacun.
Le contentieux n'est pas nouveau. Il traverse les décennies et a longtemps été un point de vigilance entre Libreville et Malabo. La particularité de la séquence actuelle tient à la méthode retenue : celle d'un traitement juridique et diplomatique, loin des logiques d'affrontement.
L'Union africaine comme facilitateur
En recevant les émissaires de la Commission de l'Union africaine, le Gabon confirme son adhésion à une approche multilatérale. L'organisation continentale joue ici son rôle de médiateur : accompagner, rapprocher les positions, sécuriser un processus qui engage la stabilité d'une sous-région.
Ce choix a une vertu concrète. Il désamorce les tensions et transforme un différend potentiellement sensible en un dossier géré, encadré, tourné vers une issue négociée. Pour les populations riveraines comme pour les investisseurs, la prévisibilité vaut mieux que l'incertitude.
Une diplomatie active sur plusieurs fronts
Cette audience s'inscrit dans une séquence diplomatique plus large. Ces derniers jours, le Chef de l'État a également reçu les Lettres de Créance de trois nouveaux ambassadeurs accrédités auprès de la République gabonaise, un geste protocolaire qui marque l'ancrage du pays dans le concert des nations.
Dans le même temps, l'attention portée à la diaspora — avec l'audience accordée au député représentant les Gabonais de la zone Afrique — complète le tableau d'une présidence attentive à ses relations extérieures comme à ses ressortissants à l'étranger.
Ce qu'il faut retenir
Sur le dossier Mbanié, le cap est posé : privilégier le règlement pacifique et définitif, sous l'égide de l'Union africaine. C'est une démarche patiente, mais crédible, qui protège les intérêts du Gabon tout en préservant les liens avec un voisin proche.
La suite se jouera dans la continuité de ce travail de facilitation. En choisissant le dialogue plutôt que la confrontation, Libreville trace une ligne claire : celle d'une diplomatie de la responsabilité, au service de la stabilité régionale et de la souveraineté nationale.
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