Foncier : un appel à protéger les droits des populations autochtones
Une voix s'élève pour que la modernisation du pays ne se fasse pas au détriment des communautés historiquement établies sur leurs terres.
Un appel a été lancé en faveur d'un cadre juridique dédié à la protection des droits fonciers des populations autochtones du Gabon. Il rappelle une tension ancienne entre développement économique et reconnaissance des droits coutumiers, sans qu'aucune réponse officielle n'ait, pour l'heure, été apportée.

Une revendication qui n'est pas nouvelle
La question foncière traverse le Gabon depuis des décennies. Dans les provinces forestières comme l'Ogooué-Ivindo, la Ngounié ou le Woleu-Ntem, des communautés vivent depuis des générations sur des terres qu'elles n'ont, le plus souvent, jamais formellement titrées. L'exploitation forestière, les concessions minières ou encore l'extension des zones urbaines viennent régulièrement se heurter à ces usages coutumiers, faute de reconnaissance juridique claire.
C'est dans ce contexte qu'un appel a été formulé pour la mise en place d'un cadre juridique spécifique protégeant les droits des autochtones. L'idée centrale : la modernisation du pays, ses grands projets d'infrastructures ou d'exploitation des ressources, ne devrait pas se construire en ignorant les droits de ceux qui occupent ces terres depuis toujours.
Ce que dit le droit gabonais aujourd'hui
Le Gabon dispose déjà d'une législation foncière, issue notamment de la réforme domaniale engagée au début des années 2010, qui vise à sécuriser la propriété par l'immatriculation des terres. Mais cette procédure reste peu accessible pour des populations rurales éloignées des services cadastraux, souvent dépourvues de moyens pour engager les démarches nécessaires. Le résultat, documenté par plusieurs acteurs de la société civile au fil des années, est un décalage persistant entre la loi écrite et les usages réels sur le terrain.
À ce stade, aucune réaction officielle des autorités compétentes n'a été rendue publique en réponse à cet appel. Nos informations restent, sur ce dossier précis, limitées à une seule source, ce qui invite à la prudence sur les détails de la démarche engagée.
Quelles pistes pour avancer ?
Dans plusieurs pays d'Afrique centrale confrontés à des enjeux similaires, la reconnaissance des droits coutumiers s'est accompagnée de mécanismes de cartographie participative des terroirs villageois et de procédures simplifiées d'enregistrement collectif. De telles pistes, si elles étaient reprises au Gabon, permettraient de concilier sécurisation foncière et respect des usages ancestraux, sans opposer développement et tradition.
Pour l'instant, l'enjeu reste posé : donner un cadre légal clair à des droits qui existent dans les faits mais peinent à être reconnus sur le papier. La suite dépendra de la capacité des pouvoirs publics à ouvrir le dialogue avec les communautés concernées.
À lire aussi

Gestion des déchets : Adrien Nguema Mba reçoit le groupe ghanéen Jospong
Le ministère de l’Intérieur a annoncé une audience entre Adrien Nguema Mba et une délégation de Jospong International Business, groupe ghanéen reconnu dans la gestion des déchets. La rencontre porte sur un sujet qui touche le quotidien de chaque Gabonais : la propreté des villes.
À la uneOligui Nguema à Abidjan pour les 66 ans de l'indépendance ivoirienne
Le Président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a foulé le sol ivoirien ce mardi, accompagné de la Première Dame Zita Oligui Nguema, pour participer aux célébrations du 66e anniversaire de l'indépendance de la Côte d'Ivoire. Un déplacement qui s'inscrit dans la tradition des solidarités panafricaines entretenues entre Libreville et Abidjan.
À la uneLe Président veut des campus à la hauteur des ambitions du Gabon
Le Président de la République a réaffirmé son engagement en faveur de campus universitaires modernes, capables de répondre aux ambitions de développement du Gabon. Une orientation portée par le ministère de l'Enseignement supérieur, qui en fait un axe structurant de sa politique.