lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
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Foncier : un appel à protéger les droits des populations autochtones

Une voix s'élève pour que la modernisation du pays ne se fasse pas au détriment des communautés historiquement établies sur leurs terres.

Un appel a été lancé en faveur d'un cadre juridique dédié à la protection des droits fonciers des populations autochtones du Gabon. Il rappelle une tension ancienne entre développement économique et reconnaissance des droits coutumiers, sans qu'aucune réponse officielle n'ait, pour l'heure, été apportée.

Village gabonais en bordure de forêt avec parcelles cultivées
Dans plusieurs provinces forestières, des communautés vivent sur des terres sans titre foncier officiel.

Une revendication qui n'est pas nouvelle

La question foncière traverse le Gabon depuis des décennies. Dans les provinces forestières comme l'Ogooué-Ivindo, la Ngounié ou le Woleu-Ntem, des communautés vivent depuis des générations sur des terres qu'elles n'ont, le plus souvent, jamais formellement titrées. L'exploitation forestière, les concessions minières ou encore l'extension des zones urbaines viennent régulièrement se heurter à ces usages coutumiers, faute de reconnaissance juridique claire.

C'est dans ce contexte qu'un appel a été formulé pour la mise en place d'un cadre juridique spécifique protégeant les droits des autochtones. L'idée centrale : la modernisation du pays, ses grands projets d'infrastructures ou d'exploitation des ressources, ne devrait pas se construire en ignorant les droits de ceux qui occupent ces terres depuis toujours.

Ce que dit le droit gabonais aujourd'hui

Le Gabon dispose déjà d'une législation foncière, issue notamment de la réforme domaniale engagée au début des années 2010, qui vise à sécuriser la propriété par l'immatriculation des terres. Mais cette procédure reste peu accessible pour des populations rurales éloignées des services cadastraux, souvent dépourvues de moyens pour engager les démarches nécessaires. Le résultat, documenté par plusieurs acteurs de la société civile au fil des années, est un décalage persistant entre la loi écrite et les usages réels sur le terrain.

À ce stade, aucune réaction officielle des autorités compétentes n'a été rendue publique en réponse à cet appel. Nos informations restent, sur ce dossier précis, limitées à une seule source, ce qui invite à la prudence sur les détails de la démarche engagée.

Quelles pistes pour avancer ?

Dans plusieurs pays d'Afrique centrale confrontés à des enjeux similaires, la reconnaissance des droits coutumiers s'est accompagnée de mécanismes de cartographie participative des terroirs villageois et de procédures simplifiées d'enregistrement collectif. De telles pistes, si elles étaient reprises au Gabon, permettraient de concilier sécurisation foncière et respect des usages ancestraux, sans opposer développement et tradition.

Pour l'instant, l'enjeu reste posé : donner un cadre légal clair à des droits qui existent dans les faits mais peinent à être reconnus sur le papier. La suite dépendra de la capacité des pouvoirs publics à ouvrir le dialogue avec les communautés concernées.

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