lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
Politique

Éducation : le Gabon fixe le cap pour bâtir l'école de 2030

À Libreville, ministres et partenaires ont planché sur la feuille de route qui doit sortir l'école gabonaise de l'urgence pour entrer dans la durée.

Le ministère de l'Éducation nationale a réuni, ce mercredi à Libreville, les principaux partenaires du secteur autour du Plan sectoriel de l'éducation intérimaire 2026-2030. Une étape de plus dans un travail d'appropriation collective, indispensable pour que cette feuille de route stratégique ne reste pas un document de plus dans un tiroir ministériel.

Réunion officielle sur l'éducation à Libreville avec plusieurs membres du gouvernement gabonais
La troisième réunion du Groupe local des partenaires de l'éducation s'est tenue à Libreville, sous la présidence du ministère de l'Éducation nationale.

Il y a des réunions qui passent inaperçues et d'autres qui, sans faire de bruit, engagent l'avenir. La troisième session du Groupe local des partenaires de l'éducation, tenue ce mercredi dans la capitale, appartient à cette seconde catégorie. Camélia Ntoutoume Leclercq, ministre d'État en charge de l'Éducation nationale, en a assuré la présidence, entourée de deux poids lourds du gouvernement : la ministre des Affaires sociales, Armande Longo épouse Moulengui, et le porte-parole de l'exécutif, Pr Charles Edgar, également en charge de l'Enseignement supérieur.

Un plan pour tenir jusqu'à 2030

Le Plan sectoriel de l'éducation intérimaire (PSEI) 2026-2030 est né d'une nécessité simple : donner à l'école gabonaise un cadre de référence pendant la période de transition qui sépare les grandes réformes structurelles. Concrètement, ce document doit orienter les investissements, les priorités pédagogiques et la répartition des moyens sur les cinq prochaines années, en attendant qu'un plan sectoriel de long terme prenne le relais.

L'enjeu de cet atelier n'était pas de rédiger le texte — il existe déjà — mais de le faire vivre auprès de ceux qui devront le mettre en œuvre au quotidien : directions du ministère, partenaires techniques et financiers, représentants de la société civile engagés dans l'éducation. Un plan que personne ne s'approprie reste lettre morte ; c'est tout le sens de cette démarche de dialogue engagée par le ministère.

Ce que cela change pour les familles

Pour les parents gabonais, confrontés depuis des années aux classes surchargées, aux manuels manquants ou aux enseignants en sous-effectif dans certaines provinces, ce type de rencontre peut sembler bien éloigné du quotidien. Elle en est pourtant la première brique : sans coordination entre le ministère, les bailleurs et les acteurs sociaux, aucune amélioration durable des conditions d'apprentissage n'est possible.

La présence conjointe des Affaires sociales et de l'Enseignement supérieur autour de la table n'est pas anodine. Elle traduit une volonté affichée de penser l'éducation comme un continuum, de la petite enfance jusqu'aux amphithéâtres, plutôt que comme une somme de politiques cloisonnées.

La suite attendue

Reste à savoir comment ce plan intérimaire se traduira sur le terrain : calendrier de déploiement, financements mobilisés, indicateurs de suivi. Ces précisions n'ont pas encore été communiquées publiquement, et il faudra les attentes des prochaines échéances du Groupe local des partenaires pour mesurer la portée réelle de cette appropriation collective. Le Gabon a désormais une boussole pour son école jusqu'en 2030 ; l'essentiel commence maintenant, dans l'exécution.

À lire aussi