lundi 14 septembre 2026 · Le quotidien de référence du Gabon
Le Kiosque
International

Eau pour tous : le Gabon plaide sa cause depuis N'Djamena

À la faveur d'une rencontre continentale sur l'accès à l'eau, le ministre gabonais de l'Accès Universel à l'Eau et à l'Énergie défend une cause qui concerne chaque foyer du pays.

Le ministre Phillippe Tonangoye représente le Gabon à N'Djamena, où s'est ouverte une rencontre continentale consacrée à l'accès universel à l'eau. Sous le thème « De la vision à l'action », ce rendez-vous co-organisé par le gouvernement tchadien interroge une question simple mais vitale : comment transformer les engagements internationaux en robinets qui coulent, dans les villages comme dans les quartiers périphériques de Libreville.

Robinet d'eau potable symbolisant l'accès universel à l'eau au Gabon
L'accès à l'eau potable reste un enjeu majeur pour de nombreuses localités gabonaises.

Il y a des rendez-vous diplomatiques qui semblent lointains et d'autres qui, sous des habits protocolaires, touchent directement au quotidien. La rencontre ouverte ce mercredi 15 juillet à N'Djamena appartient à la seconde catégorie. Le Gabon y est représenté par son ministre de l'Accès Universel à l'Eau et à l'Énergie, Phillippe Tonangoye, venu défendre une cause qui ne souffre d'aucune polémique : l'eau potable pour tous.

Le thème choisi par les organisateurs, « De la vision à l'action », résume à lui seul l'enjeu de ces assises continentales. Car sur le continent, les déclarations d'intention sur l'accès à l'eau ne manquent pas. Ce qui fait souvent défaut, c'est le passage à l'échelle : financer les infrastructures, entretenir les réseaux, former les techniciens qui feront tourner les pompes dans la durée.

Ce que le Gabon peut espérer ramener

Selon nos informations, la participation gabonaise à cette rencontre co-organisée par le gouvernement tchadien s'inscrit dans une logique de recherche de partenariats et de financements. La question posée dans les couloirs de N'Djamena est directe : le Gabon en reviendra-t-il avec des engagements concrets, ou simplement avec des idées à adapter au contexte national ?

Cette interrogation n'est pas anodine pour un pays qui, malgré une pluviométrie généreuse et des ressources hydriques abondantes, continue de faire face à des disparités criantes dans l'accès à l'eau potable. Entre les grandes villes bien desservies et certaines localités de l'intérieur où puiser l'eau reste une corvée quotidienne, l'écart demeure une réalité vécue par des milliers de familles gabonaises.

Un enjeu qui dépasse les frontières

Le choix de N'Djamena comme siège de cette rencontre continentale n'est pas neutre. Le Tchad, pays sahélien confronté à des défis hydriques particulièrement aigus, porte une expérience et une urgence qui donnent du poids à sa co-organisation de l'événement. Pour le Gabon, dialoguer avec des pairs confrontés à des réalités parfois plus dures peut nourrir une réflexion sur les solutions à privilégier chez soi.

L'accès universel à l'eau figure parmi les priorités affichées par les autorités gabonaises, incarnées justement par la création d'un ministère dédié conjointement à l'eau et à l'énergie. Ce couplage n'est pas un hasard administratif : les deux secteurs partagent souvent les mêmes infrastructures, les mêmes défis de financement et, en bout de chaîne, le même objectif d'amélioration des conditions de vie.

Et pour les Gabonais, concrètement ?

Au-delà du symbole diplomatique, ce type de rencontre a vocation à déboucher sur des choses tangibles : des lignes de financement identifiées, des partenariats techniques noués, des retours d'expérience capitalisables. Reste à savoir, dans les semaines qui suivront ce sommet, quelles annonces concrètes émergeront pour le Gabon.

Ce sera la véritable mesure du succès de ce déplacement à N'Djamena : non pas les discours prononcés dans la capitale tchadienne, mais les projets qui, demain, changeront le robinet d'un village de l'Ogooué ou d'un quartier de Nzeng-Ayong.

À lire aussi