Eau et finances : la double bataille d'Oligui Nguema pour des résultats concrets
Du robinet des ménages au franc de l'État, le chef de l'État réclame des résultats mesurables et rapides.
En quelques jours, Brice Clotaire Oligui Nguema a placé deux chantiers au sommet de son agenda : l'accès à l'eau potable dans le Grand Libreville et la solidité des finances publiques. Deux fronts, une même exigence : que l'argent public produise des effets visibles dans le quotidien des Gabonais. Décryptage d'une séquence qui veut tourner la page des diagnostics.

Une même boussole : l'utilité de la dépense publique
Il y a, dans les récentes prises de parole du chef de l'État, un fil conducteur limpide. Qu'il s'agisse d'un robinet qui coule enfin dans un quartier de Libreville ou d'un franc mieux collecté par l'administration fiscale, le président de la République veut que chaque ressource publique se traduise par un résultat tangible.
Cette philosophie, résumée par la volonté de faire de « chaque franc public un levier du développement », relie deux séquences distinctes mais complémentaires : la réponse d'urgence à la crise de l'eau, d'une part, et le renforcement du pilotage des finances de l'État, d'autre part.
Derrière ces deux dossiers se dessine une même conviction de gouvernance : le temps des constats est révolu, place aux réalisations mesurables.
« Le temps des diagnostics est terminé »
La formule a marqué les esprits. Réuni à Libreville avec les responsables du groupe français Suez, ceux de la Société d'Énergie et d'Eau du Gabon (la SEEG, entreprise chargée de distribuer l'eau et l'électricité) et plusieurs autorités gabonaises et françaises, le chef de l'État a exigé une accélération des projets structurants destinés à garantir l'accès à l'eau potable.
Le message est sans ambiguïté : les investissements engagés doivent désormais être évalués à l'aune de leurs effets concrets. Autrement dit, les Gabonais attendent de constater une amélioration réelle de leur quotidien, et non de nouvelles études.
Cette exigence s'accompagne d'une volonté affichée de refondre la SEEG pour en faire un service public à la hauteur des attentes, capable de tourner la page des coupures d'eau et d'électricité.
Un « état d'urgence de l'eau » pour le Grand Libreville
Aux mots ont succédé les décisions. Après une rencontre de près de trois heures entre le président et les agents de la SEEG, au Centre de formation Jean Violas, les autorités ont annoncé le lancement d'une opération d'urgence baptisée « État d'urgence de l'eau ».
L'objectif est clair : répondre sans délai aux pénuries qui touchent de nombreux quartiers du Grand Libreville, où des milliers de foyers subissent au quotidien les difficultés d'approvisionnement.
En choisissant de dialoguer directement avec les agents de terrain, le chef de l'État a voulu identifier les obstacles concrets qui freinent la distribution, plutôt que de s'en tenir aux rapports. Un signal politique adressé à l'ensemble de l'administration : le redressement des services essentiels est un test de crédibilité.
Des finances publiques au service des grands chantiers
La seconde séquence complète naturellement la première. Réuni avec l'ensemble des directeurs généraux des régies financières — les administrations chargées de collecter impôts, douanes et autres recettes de l'État —, le président a fixé une feuille de route destinée à renforcer les capacités financières du pays.
La logique est directe : pour financer durablement l'eau, l'électricité et les autres investissements structurants, l'État doit d'abord mobiliser efficacement ses propres ressources. La performance de l'action publique commence par la solidité des finances.
Parmi les orientations annoncées figure le lancement d'un audit général des exonérations, ces dispenses d'impôts ou de taxes accordées à certains acteurs. L'enjeu : vérifier que chaque avantage consenti se justifie réellement et ne prive pas l'État de recettes utiles.
Ce que cette séquence change
En liant explicitement la qualité des services de base à la bonne gestion des deniers publics, le chef de l'État inscrit son action dans une cohérence d'ensemble. Mieux collecter pour mieux investir, et mieux investir pour améliorer le quotidien : telle est l'équation posée.
Pour les habitants de Libreville et de ses environs, le test sera concret et visible : le retour d'une eau qui coule de façon fiable au robinet. Pour l'État, l'enjeu est celui de la confiance, restaurée par des résultats plutôt que par des promesses.
Reste désormais l'épreuve du terrain et du calendrier. C'est à l'aune des améliorations effectivement ressenties par les ménages que se mesurera la portée de cette double bataille engagée pour l'eau et pour les finances publiques.
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