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Eau en Afrique : N’Djamena veut passer des promesses aux actes

Deux jours pour transformer les discours sur l’eau potable en projets concrets à travers le continent.

La capitale tchadienne accueille les 15 et 16 juillet le Forum africain de l’eau, coorganisé avec la Banque mondiale. Sous le thème « De la vision à l’action », décideurs et experts venus de tout le continent cherchent à accélérer l’accès à l’eau potable et à sécuriser une ressource devenue critique. Un enjeu qui, loin de se cantonner au Tchad, résonne jusqu’au Gabon.

Salle de conférence avec délégations internationales lors d'un forum sur l'eau en Afrique
Le Forum africain de l’eau réunit à N’Djamena décideurs et experts autour de l’accès à l’eau potable sur le continent.

N’Djamena n’a pas choisi ce thème par hasard. « De la vision à l’action » : la formule sonne presque comme un aveu. Depuis des décennies, les grandes conférences sur l’eau en Afrique produisent des diagnostics précis, des chiffres alarmants, des feuilles de route ambitieuses — et trop souvent, des robinets qui restent secs dans les quartiers périphériques des grandes villes du continent.

Ce mercredi et ce jeudi, plusieurs délégations se retrouvent dans la capitale tchadienne pour tenter d'inverser cette logique. Le forum, coorganisé avec la Banque mondiale, réunit des décideurs et des experts autour d'une question simple à formuler, redoutablement complexe à résoudre : comment garantir, concrètement, l'accès à l'eau potable et la sécurité hydrique sur un continent où la démographie galope plus vite que les infrastructures.

Une urgence qui ne connaît pas de frontières

Le choix de N'Djamena n'est pas anodin. Le Tchad, pays sahélien confronté à des cycles de sécheresse et à la pression démographique sur le lac Tchad, incarne à sa manière les tensions qui traversent le continent autour de la ressource hydrique. Mais ce que ce sommet met en lumière dépasse largement le cas tchadien.

Partout en Afrique, la question de l'eau conditionne la santé publique, l'agriculture, l'urbanisation et, in fine, la stabilité sociale. Aucun pays n'est totalement à l'abri de ces tensions, qu'il s'agisse de sécheresses prolongées, de réseaux de distribution vétustes ou de villes qui grossissent plus vite que leurs canalisations.

Ce que cela dit du Gabon

Le Gabon, malgré ses ressources en eau douce parmi les plus abondantes du continent grâce à son réseau hydrographique dense, n'échappe pas totalement à ces problématiques. Des quartiers de Libreville et de certaines villes de l'intérieur connaissent régulièrement des coupures ou des difficultés d'accès à une eau de qualité, notamment lors des pics de forte pluviométrie qui perturbent les installations.

Ce paradoxe — un pays riche en eau mais confronté localement à des tensions d'approvisionnement — illustre précisément ce que le forum de N'Djamena entend traiter : la ressource ne suffit pas, il faut des infrastructures, une gouvernance et un financement adaptés pour qu'elle profite réellement aux populations.

De la parole aux investissements

La présence de la Banque mondiale comme coorganisateur n'est pas un détail protocolaire. L'institution finance depuis des années des programmes d'accès à l'eau potable sur le continent, et ce type de forum sert traditionnellement de tremplin à de nouveaux engagements financiers, à des partenariats entre États, ou à des mécanismes de financement innovants pour les infrastructures hydrauliques.

Reste à savoir si ce rendez-vous de N'Djamena parviendra à transformer les intentions affichées en projets concrets, mesurables, financés. C'est précisément le défi que pose le thème choisi : passer de la vision à l'action, un pas que beaucoup de sommets africains promettent sans toujours le franchir.

Pour les pays comme le Gabon, dont l'abondance hydrique reste un atout stratégique à valoriser, ces échanges continentaux offrent aussi l'occasion d'observer les solutions testées ailleurs — et d'anticiper les défis qui, tôt ou tard, ne manqueront pas de s'imposer à leur tour.

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